Grippe : "On réagit toujours au dernier moment quand on est dans le mur"

Vincent Carré, représentant de l'Association des médecins urgentistes, a manifesté son agacement, mardi sur franceinfo, quant à la situation des services d'urgence, "aux limites de leurs capacités" selon Marisol Touraine, ministre de la Santé, en cette période d'épidémie de grippe.

L\'entrée du service des urgences de l\'hôpital de Dunkerque, le 7 décembre 2005. (Photo d\'illustration)
L'entrée du service des urgences de l'hôpital de Dunkerque, le 7 décembre 2005. (Photo d'illustration) (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)
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Les services d'urgence des hôpitaux sont saturés par l'épidémie de grippe "aux limites de leurs capacités", a déclaré la ministre de la Santé, Marisol Touraine, mardi 10 janvier. "Ce qui me met en colère, c'est le manque de culture d'anticipation", a réagi, mardi sur franceinfo, Vincent Carré, urgentiste au CHU de Toulon, dans le Var. Représentant de l'Association des médecins urgentistes, il estime que l'on réagit "toujours au dernier moment quand on est dans le mur".

La situation dans son établissement est critique. "C'est la première fois où l'on voit vraiment le système en limite. Tout est saturé." Dix à quinze ambulances privées font la queue sur le parking de cet hôpital. Les patients ne peuvent pas leur être confiés. "Ce sont des personnes âgées, fragiles", explique Vincent Carré. En pleine épidémie de grippe, "elles se retrouvent dans des situations gravissimes".

Les médecins sont aussi touchés par l'épidemie

Vincent Carré reconnaît que les urgentistes doivent renvoyer "le plus possible" les patients à leur domicile ou vers le médecin traitant. Cela seulement "après évaluation et élimination de critères de gravité", précise le médecin.

La saturation des urgences se combine avec l'état de santé des médecins eux-mêmes. Certains d'entre eux "ont la grippe avec 39 ou 40 degrés de fièvre. Ils se cachent dans un coin. On les perfuse. On fait tomber la température, et ils se remettent au travail", rapporte Vicent Carré.

Des dispositifs d'urgence devraient voir le jour

La ministre de la Santé doit faire le point mercredi 11 janvier sur l'évolution de l'épidémie. Il sera réalisé à partir des derniers chiffres du bulletin hebdomadaire du réseau de surveillance Sentinelles. Des dispositifs d'urgence devraient être activés dans certaines régions.

La saison de grippe s'annonce délicate cette année dans toute la France. Le retour d'un virus cousin de celui qui avait contribué, il y a deux ans, à une surmortalité de 18 000 personnes, est aussi de retour.

"Ce qui me met en colère, c'est le manque de culture d'anticipation", Vincent Carré, urgentiste au CHU de Toulon(Var)
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