"Ce n'est pas encore la pénurie" des vaccins contre la grippe, assurent les syndicats des pharmaciens d'officines

Le président de l'Union des syndicats des pharmaciens d'officine, Gilles Bonnefond, a estimé jeudi sur franceinfo que le nombre de personnes vaccinées contre la grippe est en augmentation de près de 11%.

Un vaccin contre la grippe dans une pharmacie, en 2018.
Un vaccin contre la grippe dans une pharmacie, en 2018. (MAXPPP)

Selon la ministre de la Santé, presque tous les stocks de vaccins contre la grippe ont été utilisés et de nouveaux vaccins ont été commandés. "9,4 millions de Français se sont fait vacciner entre octobre et novembre", soit "10,6 % d'augmentation", a annoncé Gilles Bonnefond, président de l'union des syndicats des pharmaciens d'officine jeudi 20 décembre sur franceinfo. Pour lui, l'expérimentation proposée par le ministère autorisant les pharmaciens à vacciner dans quatre régions a créé "une énorme dynamique". "L'année prochaine, si on veut aller plus loin, il faut permettre à des patients qui n'ont pas de bon de prise en charge de se faire vacciner", a-t-il avancé.

franceinfo : Combien de Français se sont fait vacciner depuis le début de la saison ?

Gilles Bonnefond : 9,4 millions de français se sont fait vacciner entre octobre et novembre. C'est 905 000 patients supplémentaires, 10,6 % d'augmentation. Il s'agit d'une très forte hausse. On n'avait jamais vu ça. Cela veut dire que l'expérimentation qui était proposée par la ministre, autorisant les pharmaciens à vacciner sur quatre régions, a créé une énorme dynamique. Les patients sont satisfaits : c'est rapide, on a un bon de prise en charge donné par l'assurance maladie, on se fait vacciner immédiatement sans rendez-vous... Ça permet d'avoir un accès au vaccin et un acte de vaccination extrêmement simples.

Pour vous, c'est la simplicité d'accès qui explique ce succès, et non pas parce que le gouvernement a martelé les messages de prévention depuis plusieurs années ?

Il y a deux choses. Il est certain que dans ces régions expérimentales, la dynamique est beaucoup plus forte que les 10,6 % d'augmentation. Sur le sujet de la vaccination contre la grippe, la ministre de la Santé est la première ministre à être aussi ferme, déterminée et claire pour reconquérir la vaccination. Je pense que le message est en train de passer, au-delà de la grippe, sur le respect du calendrier vaccinal. Les ennuis qu'il y a eu avec la rougeole en France montrent que quand on ne se vaccine pas, il peut y avoir des incidents. Je pense que le message politique est clair et commence à passer. On inverse la tendance, puisque ça faisait quatre ou cinq ans qu'on était en régression, même sur la vaccination contre la grippe.

Va-t-il y avoir une pénurie de vaccins contre la grippe ?

Ce n'est pas encore la pénurie. Dans un certain nombre de pharmacies, il y a encore des vaccins en stock. Les pharmacies qui n'en n'ont plus ne peuvent plus s'approvisionner pour l'instant mais orientent vers d'autres pharmacies qui en ont. Il faut réserver la vaccination à des personnes prioritaires, qui ont un bon de prise en charge par l'assurance maladie, en attendant l'arrivée de vaccins supplémentaires pour finir la saison. Je pense que l'année prochaine, la vaccination possible chez les pharmaciens va être élargie dans toutes les régions. Il va donc falloir travailler avec le gouvernement et les industriels pour ne pas être en rupture au mois de décembre comme c'est le cas cette année. C'est en tout cas un énorme succès. Les patients qui ne s'étaient jamais faits vacciner sont venus se faire vacciner en officine.

Avez-vous touché un nouveau public ?

Exactement. L'année prochaine, si on veut aller encore plus loin, il faut permettre à des patients qui n'ont pas de bon de prise en charge de se faire vacciner : ceux qui exercent des professions libérales, ceux qui ne veulent pas tomber malade, ceux qui ont des enfants fragiles... C'est une extension qui sera discutée dès le début de l'année prochaine.

Cette vaccination plus importante cette année va-t-elle permettre un bilan de mortalité plus faible ?

C'est l'objectif de la vaccination. En plus, le vaccin de cette année permet d'avoir une couverture vaccinale beaucoup plus large, puisque la grippe est un virus qui mute très rapidement. Ce n'est pas toujours facile d'être parfaitement adapté à la souche qui va déclencher l'épidémie. C'est le cas cette année, avec une protection beaucoup plus large. C'est important que le message de la reconquête de la vaccination, en France, le pays de Pasteur, soit bien porté.