Un cas de grippe aviaire détecté chez des canards sauvages dans le Pas-de-Calais

Les animaux ont été abattus, précise le ministère de l'Agriculture.

Un premier cas de grippe aviaire sur 20 canards sauvage dans le Pas-de-Calais a été confirmé par le ministère de l\'Agriculture.
Un premier cas de grippe aviaire sur 20 canards sauvage dans le Pas-de-Calais a été confirmé par le ministère de l'Agriculture. (FRANCOIS GILSON / PHOTONONSTOP)

Un premier cas de grippe aviaire a été détecté le 26 novembre sur la commune de Marck (Pas-de-Calais), annonce lundi 28 novembre le ministère de l'Agriculture dans un communiqué. L'infection a été décelée sur 20 canards sauvages utilisés comme appelants pour la chasse au gibier d'eau. 

"Les mesures de gestion ont été immédiatement mises en place par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP)", précise le ministère. La DDPP a procédé à l'abattage de l'ensemble des animaux concernés et de ceux d'un autre site se trouvant à proximité. 

Risque "élevé" en France

Après la découverte d'un nouveau virus de grippe aviaire dans des pays européens voisins, la France avait appelé à une vigilance renforcée mi-novembre plusieurs pour tenter de contenir une éventuelle propagation à l'approche des fêtes de fin d'année.

Le risque de grippe aviaire a été réévalué de "négligeable" à "élevé" dans certaines régions de France, après la découverte en Suisse et en Allemagne notamment de cas d'influenza aviaire "hautement pathogène", liée au virus de souche H5N8, selon un arrêté publié jeudi au journal officiel.

Les autorités craignent notamment que des oiseaux sauvages migrateurs porteur du virus ne l'importent dans les estuaires du littoral et autres côtes et lacs où ils font halte. D'où des mesures de confinement pour les élevages de volailles situées dans des zones humides, notamment au niveau de leur nourriture et abreuvoirs.

Les éleveurs en alerte

Comme chaque année, le péril économique est d'autant plus redouté que les grandes migrations battent leur plein juste avant les fêtes, période cruciale pour les éleveurs de volailles de prestige et autres producteurs de foie gras.

Ces derniers sortent à peine d'un grand traumatisme : fin novembre 2015, la réapparition, pour la première fois depuis 2007 d'un cas de H5N1, autre souche du virus de la grippe aviaire, dans un élevage de Dordogne, avait sonné le glas pour tous les canards du Sud-Ouest.

Obligés d'abattre leurs animaux et d'interrompre leur activité pendant plusieurs semaines, les industriels et les éleveurs ont dû faire l'impasse sur un quart de leur production en 2016 et subi 270 millions d'euros de pertes pour un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros.

Les autorités françaises souhaitent à tout prix éviter une nouvelle crise de même envergure, via des mesures préventives.

Cet épisode intervient deux mois à peine après la fin du confinement des oies et des canards, qui avait permis à la filière du foie gras de reprendre le cours normal de ses activités.