Pamela Anderson à l'Assemblée : les producteurs de foie gras "indignés"

Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras se dit "choqué" par la visite de l'actrice américaine, venue à Paris pour militer contre le gavage des volailles.

L\'actrice américaine Pamela Anderson, le 12 juillet 2015 à Moscou (Russie).
L'actrice américaine Pamela Anderson, le 12 juillet 2015 à Moscou (Russie). (MAKSIM BLINOV / RIA NOVOSTI / AFP)

Les producteurs français de foie gras s'indignent de la tenue d'une conférence de presse, prévue mardi 19 janvier à l'Assemblée nationale, en présence de l'actrice Pamela Anderson, pour dénoncer le gavage des volailles, en pleine crise de grippe aviaire. Dans un communiqué du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), ils se disent "profondément choqués" par cette conférence à l'initiative de la députée Europe Ecologie-Les Verts Laurence Abeille, qui dépose une proposition de loi visant à interdire le gavage, à la source du foie gras.

Ils "s'étonnent qu'une élue de la République 'se fasse un coup de pub' en choisissant une actrice américaine de séries télé des années 80 pour condamner la production de l'un des fleurons de la gastronomie et de la culture française". Devenue végétarienne, Pamela Anderson est aujourd'hui une militante de la cause animale.

Une menace pour une filière qui compte 100 000 emplois

Pour les producteurs de foie gras, cette initiative est "indécente" au moment "où la survie de leur filière et de leurs exploitations est en péril et que des milliers d'emplois" sont menacés. L'épizootie d'Influenza aviaire a entraîné le gel de la production et le non renouvellement temporaire des canards gras et oies dans les élevages du Sud-Ouest pour plusieurs mois. Les élevages ont commencé à être vidés lundi dans dix-huit départements au total.

Cette mesure "radicale" devrait coûter à la filière entre 300 et 350 millions d'euros alors que la mise aux normes européennes de bien-être animal a déjà suscité plus de 110 millions d'euros d'investissements, selon le Cifog. Celui-ci appelle les parlementaires à manifester leur soutien à la filière, qui représente, selon lui, près de 100 000 emplois directs et indirects.