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Premier cas d'Ebola en Europe : Bruxelles et les soignants espagnols demandent des explications

La nouvelle est tombée lundi : à Madrid, une aide-soignante a été contaminée par le virus Ebola. Le personnel soignant et la Commission européenne s'interrogent sur les failles qui ont pu conduire à cette infection.

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L'hôpital Carlos III, à Madrid, où s'est produit le premier cas de contamination d'Ebola en Espagne et en Europe, photographié le 7 août 2014. (GERARD JULIEN / AFP)

C'est officiel depuis lundi 6 octobre : une première contamination par le virus Ebola a eu lieu en Europe. A Madrid, une aide-soignante de 40 ans est atteinte de la maladie, après avoir soigné un missionnaire en provenance de Sierra Leone, mort fin septembre. Trois personnes ont été admises depuis lundi à l'hôpital Carlos III-La Paz, qui accueille les personnes touchées par Ebola. L'aide-soignante n'a pas quitté la région de Madrid depuis sa contamination et "son évolution est favorable", selon le chef du service de médecine interne de l'hôpital. Mais ce premier cas déclaré de contamination hors d'Afrique provoque des réactions en Espagne et au niveau européen.

En Espagne, la colère gronde à l'hôpital

A l'hôpital Carlos III-La Paz, les rares soignants qui s'expriment disent leur colère, se plaignant de la désinformation et de l'impréparation. L'affaire de l'Ebola ? "Tout l'hôpital ne parle que de ça. Mais nous ne savons rien, c'est la désinformation", déclare à l'AFP un médecin des urgences.

A l'angoisse se mêle la rancœur qui s'est accumulée depuis plusieurs années, avec les restrictions budgétaires drastiques qui ont touché la santé publique madrilène et entraîné la fusion de l'hôpital Carlos III dans le grand ensemble de La Paz.

Enfin, plusieurs failles dans le système de prise en charge des malades atteints d'Ebola sont pointées, notamment en matière de formation. L'aide-soignante, selon l'une de ses collègues, aurait reçu une formation express. "Le seul protocole qu'il y a eu pour nous, c'est un cours de 15 minutes pour expliquer comment on met et on enlève la combinaison", a-t-elle affirmé.

Selon le professeur François Bricaire, médecin chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, une formation "d'au moins 48 heures" est souhaitable pour pouvoir s'occuper de patients atteints d'Ebola. Il ajoute que la formation dure huit jours pour les volontaires de la Croix-Rouge envoyés dans les zones touchées par Ebola en Afrique.

Bruxelles demande des comptes à Madrid

La Commission européenne a demandé à l'Espagne des "éclaircissements" pour détecter la faille dans son système de santé qui a permis la contamination de l'aide-soignante, a indiqué mardi 7 octobre un porte-parole. Malgré ce cas, "il n'y a pas d'inquiétude" à la Commission, pour qui la propagation du virus "en Europe reste hautement improbable".

L'exécutif européen espère que l'Espagne pourra soumettre dès mercredi de premières réponses à l'examen du Comité de sécurité sanitaire. Le problème survenu, quand il sera identifié, "servira de leçon aux autres" pays.

Une étude commandée par la Commission et rendue publique le 29 septembre estime que le risque d'une propagation d'Ebola en Europe à partir d'un malade évacué d'Afrique "est considéré comme extrêmement faible". L'estimation est fondée tant sur le mode de transmission de la maladie, qui suppose un contact direct avec l'un des "cinq S" (sperme, selles, sang, sueur et salive) que sur la qualité de la prise en charge médicale et sanitaire en Europe.

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