Vidéos Coronavirus : deuxième vague ou suite de la première ? La question divise le milieu scientifique

Alors que l'infectiologue Karine Lacombe affirme que "la deuxième vague est là", le professeur Jean-François Delfraissy affirme lui qu'il s'agit toujours de la première vague.

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Radio France
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L'infectiologue Karine Lacombe (G), le professeur Jean-François Delfraissy (D). (FRANCE INTER / FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

La hausse du rythme des contaminations se poursuit, avec 4 897 cas qui ont été confirmés en 24 heures, a annoncé dimanche Santé publique France. Est-ce à dire que la deuxième vague de coronavirus est là, ou bien vit-on plutôt un rebond de la première ? Les avis des experts divergent.

Invitée de France Inter lundi 24 août, Karine Lacombe, chef du service maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine (Paris) l'assure : "Quoi qu'on dise, la deuxième vague est là et n'a rien à voir avec la première vague que l'on a connu en mars-avril." Elle a commencé "fin juillet", selon Karine Lacombe. "On a évidemment une augmentation du nombre de cas", avec "un frémissement des augmentations d'hospitalisations sur la fin de la semaine dernière" au sein du groupe hospitalier Sorbonne Université dont fait partie l'hôpital Saint-Antoine. "Si on élargit à toute l'Île-de-France, les chiffres sont plutôt rassurants, plutôt stables", tempère Karine Lacombe.

"Il faut continuer à vivre"

C'est le retour des vacanciers en Île-de-France qui entraîne un nouveau "risque d'augmentation", selon l'infectiologue. Elle explique que le nombre de patients en réanimation n'augmente pas "parce qu'on a maintenant des stratégies thérapeutiques que l'on n'avait pas en mars. On sait mieux prendre en charge les patients avant qu'ils ne passent en réanimation." 

"Je pense qu'il faut continuer de vivre. Il faut vraiment faire beaucoup de pédagogie. Je pense que chacun est capable de comprendre maintenant, avec tous les éléments que l'on connaît sur l'épidémie, les modes de transmission, qui peut être très malade, qui sera moins malade. Chacun peut mettre en place une stratégie individuelle de prévention de la transmission (...) qui nous permettra de maîtriser cette deuxième vague", a également déclaré Karine Lacombe.

Des assertions contredites le même jour sur franceinfo par le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. "Ce n’est pas la deuxième vague. On est toujours sur la première", a-t-il assuré. Une vague "qui s’accentue et qui reprend, parce que l’on a perdu les mesures de distanciation sociale". "On ne va pas pouvoir rester comme ça", prévient Jean-François Delfraissy.

"Notre avenir est dans nos mains sur les mesures de distanciation sociale"

En France, ce rebond concerne des "régions qui n’avaient pas été touchées lors de la première crise du mois de mars", selon Jean-François Delfraissy, qui cite la Mayenne, la région Provence-Alpe-Côte d'Azur et la Nouvelle-Aquitaine. Face à cela "nous n’avons que des mesures de santé publique à proposer. Nous n’avons ni médicament, ni vaccin, rappelle-t-il. Donc notre avenir est dans nos mains sur les mesures de distanciation sociale". D’autant, que, pour le professeur Delfraissy il y a "trois exemples récents qui montrent que ça fonctionne quand on serre les boulons en termes de mesures de distanciation sociale. En Mayenne, en Guyane, à Barcelone, cela a été contrôlé".

Ce rebond "touche la population plus jeune", selon lui. "La population plus âgée a compris qu’elle était à risque, elle prend des précautions, utilise les masques, respecte la distanciation sociale". Il précise qu’à "Paris, en réa, il y a des malades comparables à ceux de mars, et 50% des autres sont plus jeunes et leur pronostic est meilleur", ce qui explique, selon lui, que le nombre de décès n’augmente pas.

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