Vidéo Covid-19 : "Les gens ne se rendent pas compte" : le professeur Salomon regrette un décalage entre opinion publique et soignants

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"Quand on apprend qu'il y a des fêtes organisées aujourd'hui, c'est juste qu'ils ne se rendent pas compte de ce que c'est que de passer une journée dans les services de réanimation", affirme le médecin.

Les soignants n’ont pas "besoin d'applaudissements, mais juste que les gestes barrières soient appliqués", a affirmé mardi 24 novembre à franceinfo le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP (assistance publique - hôpitaux de Paris).

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"Il faut que les Français comprennent aussi qu’à l'hôpital, quand on est soignants, on a envie de bien faire son métier et si on est submergés, si on n'arrive plus à le faire, finalement, on se décourage et on jette l'éponge, a expliqué le médecin. Il faut l'éviter absolument. Pensez aux soignants, pensez à notre hôpital. On n'a pas besoin forcément d'applaudissements, mais juste les gestes barrières."

S'il comprend que les Français n’applaudissent plus les soignants tous les soirs à 20 heures comme lors du premier confinement, "c'est juste pas supportable de tout le temps penser à la mort et à la souffrance. On a envie de penser à autre chose et c'est logique", a confié Rémi Salomon.

Quand je visite les services, je vois les soignants et les infirmiers me disent 'je ne comprends pas les gens'.

Le professeur Rémi Salomon

à franceinfo

Le professeur regrette un décalage entre ce que vivent les soignants et les Français : "Les gens ne se rendent pas compte. Quand on apprend qu'il y a des fêtes qui sont organisées aujourd'hui, c'est juste qu'ils ne se rendent pas compte de ce que c'est que de passer une journée du matin jusqu'au soir, de voir la souffrance, de voir la mort de près dans les services de réanimation, c'est dur."

Les conséquences des déprogrammations très importantes

Rémi Salomon a enfin mis en garde les Français : "Une troisième vague serait juste une catastrophe pour les patients, parce qu’il y a des effets collatéraux très importants chez les patients qui ont d'autres pathologies qui ne sont plus prises en charge pendant ce temps-là et pour les soignants."

Le médecin a ainsi affirmé que les déprogrammations d'opérations non liées au Covid représentent actuellement environ 50%. "C'est moins que lors de la première vague, où c'était 80%. Avec des conséquences dont on paie encore aujourd'hui le prix, d'examens reportés, de dépistages de cancers qui ont abouti, quand ils n'ont pas été faits, à des cancers plus évolués."

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