Covid-19 : il faut "prioriser" les tests aux enfants et aux immunodéprimés pour éviter de "saturer" le système, selon un épidémiologiste

"Trop de tests tue la capacité d'avoir des tests très rapidement" pour celles et ceux "qui en ont un grand besoin", estime l'épidémiologiste Antoine Flahault.

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La ruée sur les tests antigéniques dans l'une des pharmacie d'Annecy (Haute-Savoie). (RICHARD VIVION / FRANCE BLEU PAYS DE SAVOIE)

"Probablement qu'il faut revoir complètement la stratégie de testing", a affirmé ce lundi sur franceinfo Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève. Selon lui, "il faut prioriser" les tests à certains groupes de la population, "comme Israël" le fait, car "trop de tests tue la capacité d'avoir des tests très rapidement pour des personnes et des groupes de personnes qui en ont un très grand besoin".

Tester en priorité les enfants et les immunodéprimés

"Les enfants font partie des groupes qui doivent être très priorisés, mis en priorité, parce qu'un grand nombre d'entre eux ne sont pas éligibles à la vaccination, les moins de 5 ans, et que les autres sont assez peu vaccinés", a insisté l'épidémiologiste, tout en rappelant la nécessité de la vaccination des plus jeunes. Antoine Flahault a d'ailleurs évoqué la possibilité de les dépister directement "en classe, à l'école, sur des crachats, sur l'ensemble de la classe plutôt qu'à l'occasion de dépistages individuels".

Autres catégories à privilégier dans la stratégie de dépistage, les immunodéprimés, qui "peuvent bénéficier aujourd'hui de traitements évitant les formes graves" s'ils sont détectés positifs rapidement, et les personnes âgées à qui on doit "garantir la possibilité d'avoir, à tout moment, un test rapidement fait avec un résultat rapidement disponible". "S'il y a trop de tests faits, je crains qu'on engorge tellement le système qu'on le ralentisse, qu'on le sature et que l'on n'arrive pas à répondre à la prévention des formes graves chez ces gens, dans ces groupes de la population", a déploré Antoine Flahault.

Face à Omicron qui "transperce les digues immunitaires", il faut "vacciner"

Par ailleurs, face au développement "ahurissant" de cette vague pandémique et des contaminations quotidiennes qui "vont probablement au-delà des 300 000 contaminations par jour en France", l'épidémiologiste considère que le "tester, tracer, isoler" du gouvernement n'est plus "adapté". "Omicron a une durée d'incubation qui est courte, peut-être de 3 jours au lieu de 5-6 jours avant, donc, on perd du temps en termes de traçage", a-t-il indiqué. Par ailleurs, face à Omicron qui "transperce les digues immunitaires pour la transmission, pas pour les formes graves", Antoine Flahault a assuré que la vaccination reste surtout importante "pour éviter les formes graves", pas pour freiner la propagation du virus.

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