Covid-19 : Pfizer et Moderna vont-ils mettre à jour leur vaccin pour lutter contre le variant Omicron ?

Les deux laboratoires disent se tenir prêts à modifier leur formule, au cas où le nouveau variant identifié en Afrique du Sud échapperait à la couverture vaccinale.

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France Télévisions
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Les autorités sanitaires redoutent que les mutations présentes sur le variant Omicron le rendent non seulement plus contagieux, mais également plus résistant aux vaccins. (DAVID HIMBERT / HANS LUCAS / AFP)

Jamais, depuis l'apparition du variant Delta il y a un an, un variant du virus du Covid-19 n'avait provoqué une telle inquiétude. "Omicron" (le nom que l'OMS lui a attribué), variation potentiellement plus transmissible du coronavirus découverte en Afrique du Sud en début de semaine, a poussé la France et de nombreux pays européens à suspendre, dès vendredi 26 novembre, les vols en provenance d'Afrique australe.

Les autorités sanitaires des pays concernés redoutent que les très nombreuses mutations présentes sur ce nouveau variant, initialement baptisé B.1.1.529, le rendent non seulement plus contagieux mais également plus résistant aux vaccins. De quoi pousser les laboratoires à adapter en urgence leurs formules ? Pfizer-BioNTech et Moderna, dont les vaccins à ARN messager sont actuellement utilisés dans le cadre de la campagne de rappel en France, n'ont pas tardé à s'exprimer.

Moderna planche sur un rappel spécifique, Pfizer étudie la question

Quelques heures seulement après que l'OMS ait déclaré que le variant Omicron était "préoccupant", l'entreprise américaine Moderna a publié vendredi un communiqué (en anglais) dans lequel elle annonce son intention de développer une dose de rappel spécifique pour ce nouveau variant du Sars-CoV-2.

"Depuis le début, nous avons dit que, pour combattre la pandémie, il était impératif d'être proactif face à l'évolution du virus", y affirme le patron français de Moderna, Stéphane Bancel. "Les mutations du variant Omicron sont préoccupantes et, depuis plusieurs jours, nous avançons aussi vite que possible pour exécuter notre stratégie afin de lutter contre ce variant", a-t-il ajouté.

Le laboratoire allemand BioNTech, allié à Pfizer, a de son côté déclaré étudier ce nouveau variant, et attendre de premiers résultats d'études, "au plus tard dans deux semaines", qui permettront de déterminer s'il est capable d'échapper à la protection vaccinale. Les deux laboratoires "se sont préparés il y a plusieurs mois à ajuster leur vaccin en moins de six semaines et à livrer les premières doses en 100 jours" si un variant s'avérait résistant, a ajouté une porte-parole vendredi.

Des vaccins toujours très efficaces contre le variant Delta

Voir les deux fabricants de vaccins à ARN messager adapter leur formule au variant Omicron constituerait une première depuis le début de la pandémie. Les doses de ces vaccins actuellement injectées au grand public, y compris les doses de rappel, sont en effet les mêmes que celles utilisées au début de la campagne vaccinale. "Pour l'instant, notre vaccin actuel reste très efficace contre le variant Delta qui est majoritaire dans le monde", explique ainsi une porte-parole de Pfizer à Libération.

Les deux laboratoires travaillent toutefois depuis des mois sur des mises à jour de leurs vaccins, et effectuent des essais cliniques sur ces nouvelles versions. Pfizer a confirmé au quotidien qu'il teste depuis le mois d'août "une version actualisée de [son] vaccin, qui cible la protéine de pointe complète du variant Delta". Dans son communiqué consacré au variant Omicron, Moderna déclare de son côté avoir déjà "démontré à plusieurs reprises sa capacité à faire passer de nouveaux candidats au stade des essais cliniques en 60-90 jours", citant le cas de "doses de rappel pour les variants Delta et Beta".

S'entraîner pour réagir au plus vite

Ces formules adaptées aux variants actuellement en circulation sont moins destinées à remplacer les doses utilisées qu'à s'entraîner à réagir rapidement face à l'émergence d'un variant qui échapperait à la couverture vaccinale. Philip Dormitzer, vice-président et directeur scientifique des vaccins chez Pfizer, s'en expliquait le 20 octobre dernier dans les colonnes de la revue scientifique Nature (en anglais).

"Nous ne travaillons pas sur ce sujet parce que nous pensons avoir besoin d'un nouveau vaccin contre ces souches [Beta et Delta]. Nous voulons plutôt nous entraîner à tous les aspects de l'exécution d'un changement de souche – la recherche préclinique, la fabrication, les tests, et les régulations – de sorte que si nous voyons un variant qui échappe vraiment à l'immunité vaccinale, nous soyons prêts à agir rapidement."

Philip Dormitzer, vice-président de Pfizer

à la revue scientifique "Nature"

Du côté des autorités, on préfère en tout cas temporiser. L'OMS a prévenu que "plusieurs semaines" seraient nécessaires pour comprendre le niveau de transmissibilité et de virulence du nouveau variant, tandis que que l'Agence européenne des médicaments (EMA) a jugé vendredi "prématuré" de prévoir une adaptation des vaccins au variant Omicron.

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