Val-de-Marne : un salarié de l'hôpital privé Paul d'Egine de Champigny-sur-Marne mis en examen après des vols de respirateurs artificiels

Interpellé jeudi 26 mars, le suspect, un ingénier de 29 ans travaillant à l'hôpital, a reconnu avoir publié une annonce sur Le Bon coin et affirmé qu'il s'agissait de matériel usagé reconditionné pour la vente.

Les respirateurs sont essentiels à la prise en charge des malades les plus graves du Covid-19. 
Les respirateurs sont essentiels à la prise en charge des malades les plus graves du Covid-19.  (STÉPHANIE PARA / MAXPPP)

Un ingénieur de 29 ans salarié de l'hôpital privé Paul d'Egine de Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dimanche 29 mars pour vols aggravés de respirateurs artificiels pendant l'épidémie de coronavirus, a appris franceinfo de source judiciaire.

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Il avait été interpellé jeudi 26 mars au soir avec un complice, remis en liberté depuis, pour des soupçons de tentative de revente de respirateurs artificiels sur internet. L'ingénieur a reconnu avoir publié une annonce sur Le Bon coin et a affirmé qu'il s'agissait de matériel usagé reconditionné pour la vente.

Il demeure un doute concernant le fait que le respirateur saisi appartienne à l'hôpital Paul d'Egine. L'information judiciaire ouverte pour vol et recel doit faire la lumière sur d'éventuels autres faits de vol et de recel de vol. L'information judiciaire est aussi ouverte pour recel dans le but d'identifier les acheteurs.

Dans un communiqué transmis à franceinfo au lendemain de l'interpellation des deux hommes, la direction de l'hôpital s'était dite scandalisée, "surtout au regard de l’incroyable mobilisation de nos personnels". Le directeur de l'hôpital avait alors indiqué à franceinfo avoir déposé plainte pour le vol d'un respirateur, d'un scope de surveillance des constantes des patients, de tubulure et de matériel technique.

Une annonce sur Le Bon Coin

C'est un internaute qui surfait sur Le Bon Coin qui avait donné l'alerte en voyant l'annonce. Un respirateur était mis en vente par un particulier au prix de 450 euros. Dans l’annonce, le vendeur n'hésitait pas à vanter les mérites du respirateur, en s'inspirant de la notice de présentation du site du fabricant.

"L'Elisée 250 est un ventilateur à turbine dédié aux services d'urgence et soins intensifs, et parfaitement adapté aux déplacements intra et extra-hospitaliers des patients. Léger, compact, fiable et convivial, il offre le même niveau de performance qu'un appareil de réanimation", pouvait-on lire sur l'annonce. Il était également précisé que le respirateur convenait "à une multitude d'applications cliniques (adultes et pédiatriques), y compris le traitement des patients souffrant des plus graves insuffisances respiratoires".

Les suspects interpellés avant une transaction

La brigade anti-criminalité de Champigny-sur-Marne, en charge de l'enquête, apprend alors qu’une transaction doit avoir lieu. L’auteur de l’annonce est un ingénieur bio-médical âgé de 29 ans. Il est interpellé jeudi 26 mars en fin de journée devant l’hôpital privé Paul d’Egine. Il s’apprêtait à vendre le respirateur pourtant si utile au personnel hospitalier. Un second employé, responsable technique de l’établissement, sera arrêté plus tard dans la soirée, soupçonné d’avoir joué le rôle de guetteur. Il a été remis en liberté depuis.

D’après nos informations, ce n’est pas la première fois que cet ingénieur vend ce type de matériel. Un autre respirateur se trouvait d'ailleurs dans son casier. Face aux enquêteurs il a reconnu les faits et a expliqué qu’il réparait ces respirateurs dans le cadre de son travail et que l’hôpital ne les utilisait plus.