Vaccination anti Covid-19 au CHRU de Nancy : "2 000 vaccinés d'ici la fin de la semaine", espère un infectiologue

Le Pr Christian Rabaud, président de la commission médicale d’établissements, explique qu'il dispose de suffisamment de doses pour vacciner les personnels soignants ou non-soignants du CHRU mais aussi des cliniques avoisinantes et les libéraux.

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Radio France
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Pr Christian Rabaud,  infectiologue et président de la commission médicale d’établissements du CHRU de Nancy, le 5 juin 2020. (CEDRIC JACQUOT / MAXPPP)

Le Pr Christian Rabaud, infectiologue et président de la commission médicale d’établissements du CHRU de Nancy espère "arriver à 2 000 vaccinés d'ici la fin de la semaine" alors que la vaccination du personnel soignant de plus de 50 ans contre le Covid-19 débute lundi 4 janvier. Invité sur franceinfo, il dit "avoir les doses pour faire cela" alors que le gouvernement tente d’accélérer la vaccination après les critiques sur la lenteur de la stratégie vaccinale. "Il faut faire confiance aux territoires" et aux hôpitaux publics. "On peut organiser au-delà de nos murs la vaccination", a-t-il affirmé.

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franceinfo : Avez-vous commencé les vaccinations ?

Pr Christian Rabaud : On a injecté les premières doses aux soignants dès les premiers tweets du ministre à ce sujet, c’est-à-dire dès le 31 décembre. Nous avons pu vacciner une dizaine de soignants depuis ce matin [lundi], après avoir informé nos collègues médecins, infirmières et recensé les volontaires à la vaccination. On a mis en place deux lignes de vaccination au sein de l'établissement.

"Depuis 9 heures, on vaccine de façon continue les personnes qui souhaitent l'être, de plus de 50 ans, personnels soignants ou non-soignants, personnel du CHU."

Pr Christian Rabaud, infectiologue et président de la commission médicale d’établissements du CHRU de Nancy

à franceinfo

On a un congélateur de 80 000 doses, mais qui est très loin d'être plein. Pour l'instant, nous avons reçu 2 000 doses et nous allons recevoir cette semaine 4 000 doses supplémentaires qui nous permet déjà, au-delà des personnes âgées que nous devons vacciner au sein de l'établissement, 200 à 300 personnes, de disposer environ plus de 5 000 autres doses pour les soignants. On espère en vacciner 150 à 200 par jour et arriver d'ici la fin de la semaine à une augmentation en puissance à la fois pour les personnels du CHU, mais aussi pour les personnels hors CHU, dans les cliniques, pour les libéraux. Pour arriver à 2 000 vaccinés peut-être d'ici à la fin de la semaine. On a les doses pour faire ça.

C’est un bon premier pas selon vous ?

C’était absolument nécessaire, très attendu. Cela a un double effet. Cela permet de ne plus être atteint par le Covid-19 une fois que le vaccin sera efficace, donc d'être en capacité de soigner les gens qu'on nous confie et de ne pas être nous-mêmes dans les lits qui sont très occupés actuellement à l'hôpital. Et sur le plan pédagogique, dire aux gens "Vaccinez-vous comme je me suis fait soigner" plutôt que "Vaccinez-vous, moi, je verrai plus tard", c'est quand même un message qui a du sens.

Faut-il s’appuyer sur les territoires pour accélérer la vaccination ?

Il faut faire confiance aux territoires et aux organisations qu'on peut mettre en place. On voit ici au CHRU, on peut organiser en interne et rapidement, à partir de demain ou après-demain parce que l’on connaît les différents acteurs, on connaît les besoins. On peut organiser au-delà de nos murs la vaccination. Il faut avoir absolument une connaissance à la fois des territoires, des difficultés potentielles, il ne faut pas se le cacher, pour vaincre tel ou tel dysfonctionnement potentiel. On a cette capacité. On a vraiment cette capacité par ancrage.

Il faut que tous acteurs de la santé vaccinent en même temps et largement pour que la vaccination soit efficace ?

Il y a deux idées fausses. Le congélateur en fait est le lieu où on met le vaccin en attendant de le sortir. S’il en sort, il peut rester jusqu'à cinq jours à l'extérieur dans un réfrigérateur. Donc, il est tout à fait possible de le véhiculer à quelques kilomètres de l'hôpital pour mettre en place un centre de vaccination qui ne soit pas, d’ailleurs, tenu par des hospitaliers. C’est très facile. La deuxième idée fausse, c’est qu’il fallait, entre le moment où l’on décide de se faire vacciner et celui où on se fait vacciner, un temps de réflexion. Il n'y a pas de nécessité. Dès lors qu'on est informé et qu'on dit oui à la vaccination, elle peut être immédiate.

"Si demain, je vous propose le vaccin et que vous me dites que vous êtes d'accord, je peux vous vacciner dans l’instant."

Pr Christian Rabaud

Il n'y a pas besoin d'alourdir la procédure. C’est différent en Ehpad parce que les gens parfois ne sont pas en capacité de répondre eux-mêmes, mais dans une organisation comme celle des soignants, c’est beaucoup plus simple et beaucoup plus fluide et donc il faut profiter de cette fluidité potentielle.

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