Vidéo Vaccination contre le Covid-19 : "N'oubliez pas la deuxième dose" pour une "protection optimale", insiste l'infectiologue Anne-Claude Crémieux

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"Il faut qu'on puisse se faire vacciner sur son lieu de vacances, parce que c'est important que tout le monde puisse avoir une protection optimale", estime l'infectiologue.

"N'oubliez pas la deuxième dose, débrouillez-vous pour avoir une vaccination complète", a déclaré lundi 17 mai sur franceinfo Anne-Claude Crémieux, professeure spécialiste de maladies infectieuses à l'Hôpital Saint-Louis à Paris, membre de l'Académie nationale de médecine. Invitant tous ceux qui reçoivent leur première dose de vaccin contre le Covid-19 à "anticiper" la manière d'obtenir la deuxième, l'infectiologue estime "qu'il faut qu'on puisse se faire vacciner sur son lieu de vacances, parce que c'est important que tout le monde puisse avoir une protection optimale".

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Interrogée sur l'opportunité de rallonger la période entre les deux doses de vaccination, Anne-Claude Crémieux répond qu'on "peut augmenter l'intervalle sans que ça ait d'impact à terme sur la protection". Mais elle alerte sur le fait que dans cet intervalle, "vous n'êtes pas protégé de façon optimale, la protection est de moitié sur les infections", alors que la protection contre le risque de développer une forme sévère de Covid-19 est "déjà existante" avec une seule dose de vaccin.

"Il faut regarder les data et pas les dates"

Même si l'épidémie est "stabilisée", l'infectiologue appelle donc à la "vigilance". "L'histoire nous le montre et aussi ce qui se passe actuellement en Angleterre" avec le développement des variants, "c'est vraiment une alarme pour nous dire que c'est difficile de déconfiner, qu'il ne faut absolument pas baisser la garde". Outre la "vigilance individuelle", la professeure pointe le rôle des autorités publiques pour faire respecter ces mesures barrières : "On se rappelle l'été de l'année dernière où ces mesures n'avaient pas été respectées et c'est probablement une des raisons du rebond" de l'épidémie.

Le risque de la quatrième vague existe mais il "dépend beaucoup de la façon dont on va aborder cette ouverture", poursuit Anne-Claude Crémieux qui appelle à surveiller de près les indicateurs. "Si l'incidence remonte, si les nouvelles contaminations augmentent, si les variants qui nous inquiètent deviennent incontrôlables, il va falloir revoir notre calendrier. Comme disent les Anglais, il faut regarder les data et pas les dates."

Il faut en particulier "essayer d'empêcher les variants de diffuser sur le territoire", souligne-t-elle, mais "identifier des variants rapidement, c'est difficile". L'infectiologue prend l'exemple de l'Angleterre "où ils ont déconfiné avec 2 000 nouvelles contaminations par jour et ils ont des difficultés". Elle estime donc que "c'est un des dangers de déconfiner avec 18 000 nouvelles contaminations" en France. La mise en place de quarantaine peut freiner l'importation des variants mais "ce n'est pas une protection complète", souligne-t-elle.

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