Vaccination obligatoire : "Refuser le vaccin, c'est prendre des risques pour soi, mais aussi pour la société", alerte la Fédération hospitalière de France

Aujourd'hui, seuls 57 % des professionnels dans les Ehpad et 64 % des professionnels dans les hôpitaux sont vaccinés.

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Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

"Refuser le vaccin, c'est prendre des risques pour soi, pour ceux qui nous entourent, mais aussi pour la société", alerte mercredi 30 juin sur franceinfo Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) et maire Agir de Fontainebleau, alors que la FHF appelle à rendre la vaccination des soignants contre le Covid-19 obligatoire et préconise que les tests de confort deviennent payants. Les niveaux de vaccination des soignants "ne sont pas suffisants pour assurer la protection de ceux qui sont pris en charge" à l'hôpital ou dans les maisons de retraite, déplore Frédéric Valletoux. Le patron de la FHF estime par ailleurs que "la fin de la gratuité pour les tests Covid serait une solution d'incitation" à la vaccination pour tous les Français.

franceinfo : Pourquoi appelez-vous à rendre la vaccination des soignants obligatoire ?

Frédéric Valletoux : C'est une mesure pour laquelle on plaide depuis le démarrage de la campagne de vaccination, c'est-à-dire depuis le début de cette année. Ce n'est pas l'option qui avait été choisie dans un premier temps. Mais quand on constate qu'aujourd'hui, on a que 57 % des professionnels dans les Ehpad et 64 % des professionnels dans les hôpitaux qui sont vaccinés. Ce sont des niveaux qui ne sont pas suffisants pour assurer la protection de ceux qui sont pris en charge à l'hôpital et dans les maisons de retraite. Et ce n'est pas non plus suffisant pour assurer une sécurité des soignants en cas de nouvelle vague. Et donc, on soutient très fortement l'idée d'une obligation de vaccination pour tous les professionnels de santé. Là, on parle des hôpitaux et des Ehpad. Mais notre Fédération appelle à ce que l'ensemble des professionnels de santé, même les libéraux, soit aussi vaccinés. Ce serait logique et normal.

Avez-vous du mal à comprendre que des professionnels de santé ne se soient pas fait vaccinés ?

C'est quelque chose que l'on ne comprend pas. Aujourd'hui, il est nécessaire que chacun exerce ses responsabilités. Soigner, c'est aussi ne pas  risquer de contaminer ceux qu'on prend en charge. C'est une mesure de protection pour soi, mais aussi pour les autres. Il y a une couverture vaccinale quand on travaille à l'hôpital qui est déjà demandée de manière obligatoire, plus large que pour l'ensemble des Français. Cela fait partie du métier.

Vous réclamez aussi la fin du remboursement des tests dit de confort. Pourquoi ?

Je crois qu'il faudrait à un moment - et on pourrait fixer cette période à la rentrée, autour du mois de septembre - se dire qu'à partir du moment où il y a un accès sans restriction à la vaccination, ce n'est pas à la société de payer des tests Covid qui sont assimilables à des tests de confort, dès lors que l'on n'a pas de symptômes, et qu'on n'est pas cas contact. Pour aller à un concert, pour obtenir un pass vaccinal, la solution, ce doit être la vaccination. Le nombre de vaccinations quotidiennes diminue. On est passé aujourd'hui à 170 000 premières injections par jour, là où on était à 400 000 début mai. Il y a un effondrement de nouvelles vaccinations qui pose problème alors que pointe une quatrième vague.

Craignez-vous cette quatrième vague si l'on n'agit pas maintenant ?

Oui, c'est maintenant qu'il faut agir. On voit ce qui se passe en Angleterre où le variant Delta est en train d'exploser et fait revenir dans les hôpitaux des patients qui n'ont pas voulu se faire vacciner. Donc, on sait que ce pic risque d'arriver à nouveau, avec des pertes de chances pour les Français à qui on va dire, 'on ne peut pas vous soigner parce qu'on est à nouveau, pour la quatrième fois, fortement sollicités sur la prise en charge des patients Covid'. Or on sait que le vaccin est une solution. A partir de là, refuser le vaccin, c'est prendre des risques pour soi, pour ceux qui nous entourent, mais aussi pour la société. Parce que derrière, c'est à nouveau une déstabilisation des hôpitaux que l'on pourrait imaginer. Personne ne le souhaite et moi le premier. À partir de là, il faut être raisonnable. Il faut briser ce plafond de verre de la vaccination. Et il faut conduire à la vaccination de manière obligatoire pour les professionnels, et pousser les Français le plus possible à comprendre que la vaccination est la solution. Et pour cela, la fin de la gratuité pour les tests Covid serait une solution d'incitation assez forte.

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