Vaccination obligatoire pour les soignants, pass sanitaire : Jean Castex va consulter "les élus locaux et les présidents des groupes politiques"

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Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, Jean Castex a annoncé qu’il allait consulter les élus locaux et les présidents des groupes parlementaires sur la question de la vaccination obligatoire pour les soignants mais aussi sur la généralisation du Pass sanitaire "pour inciter davantage de personnes à se faire vacciner". 

Alors que le variant Delta progresse, la France elle, marque le pas dans la vaccination contre le covid-19. "La course de vitesse entre la vaccination de masse et la dissémination du virus qui semblait être en bonne voie d’être gagnée, est remise en cause par le nouveau variant plus contagieux […] Le risque est clair : celui d’une quatrième vague à l’automne. Particulièrement préoccupant est le taux de vaccination des personnels de santé dont certaines catégories ne le sont qu’à 50 % mettant ainsi en danger ceux qu’ils sont censés soigner", s’est inquiété le président du groupe Indépendants République et Territoires, lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat. Claude Malhuret a demandé au Premier ministre s’il envisageait des mesures, telles que la mise en place de la vaccination obligatoire pour les soignants, "comme le conseillent beaucoup de scientifiques".

"Nous devons aller plus loin, d’abord sur la question de la vaccination", a tout d’abord reconnu Jean Castex. Le nombre le nombre de primo-vaccinés est, en effet en baisse : plus de 400.000 par jour début juin, à peine plus de 200.000 cette semaine.

"Je suis comme tous les Français et les Françaises, choqué en ayant observé, en particulier dans le département des Landes […] le variant revenir dans les Ehpad. Par l’entremise de qui ? De celles et ceux dont c’est la vocation de soigner et de protéger les résidents. Ça n’est pas admissible !", a-t-il martelé.

Le Premier ministre a par la suite annoncé qu’il allait consulter "dans les jours à venir", les associations d’élus locaux et les présidents des groupes politiques de l’Assemblée nationale et du Sénat, "pour savoir qu’elles sont vos propositions sur tous ces sujets, y compris sur des sujets qui supposeraient une nouvelle intervention du législateur. Il y a la question de la vaccination obligatoire pour les soignants. On peut aussi parler du recours au Pass sanitaire pour inciter davantage de personnes à se faire vacciner. Et j’ai moi-même évoqué la question de l’isolement au terme de la stratégie : protéger, alerter, isoler", a-t-il listé avant de conclure : "Nous devons tout mettre en œuvre pour éviter une quatrième vague".

Actuellement, le Pass sanitaire est exigé (vaccination ou test négatif) pour tous les évènements rassemblant plus de 1.000 personnes, y compris les salons ou congrès désormais sans jauge.

"Nous devons tout mettre en œuvre pour éviter une quatrième vague", a conclu Jean Castex.

"C’était une élection locale" : Jean Castex conteste avoir nationalisé les élections régionales

Trois jours après le second tour des élections régionales et départementales, le président du groupe socialiste au Sénat Patrick Kanner demande toujours des comptes à l’exécutif. Lors des questions au gouvernement, ce 30 juin, le sénateur a dénoncé la "séquence calamiteuse" et le "triple fiasco" qu’a constitué le scrutin pour le gouvernement, pleinement engagé dans la campagne avec un nombre important de candidats. S’adressant au Premier ministre, Patrick Kanner s’en est pris à la "grande légèreté" d’Emmanuel Macron sur les conséquences de ces élections, marquées par une abstention massive. "Le président de la République était, malgré ses dénégations, la véritable tête de liste de ces élections […] Ce n’est pas seulement les élections territoriales que les Français ont boudées, mais surtout votre politique et l’action personnelle du chef de l’Etat", a soulevé Patrick Kanner.

Le Premier ministre a voulu faire taire ces critiques. "Il est quand même curieux qu’on nous reproche d’avoir voulu nationaliser cette élection, ce qu’il n’a pas été le cas", a répliqué Jean Castex. Immédiatement, une exclamation est montée de l’hémicycle. Il faut dire que le chef du gouvernement s’est affiché sur le terrain à plusieurs reprises aux côtés des candidats de la majorité, dans le Centre-Val-de-Loire ou encore en Auvergne-Rhône-Alpes. "C’était une élection locale", a enchaîné le Premier ministre. "Ce n’est pas parce que nous n’avons pas souhaité nationaliser cette élection que le gouvernement considère qu’il s’agit d’élections secondaires."

"Ce Congrès, plus que jamais, à quelques mois de la présidentielle, devient une évidence", interpelle Patrick Kanner

Après avoir répété que le gouvernement allait traiter la question des "graves dysfonctionnements" dans l’acheminement de la propagande électorale, Jean Castex a fait part de son « extrême préoccupation » de l’abstention massive. "C’est une interpellation collective. Nous en prenons toute notre part", a-t-il affirmé. Le Premier ministre a rappelé les "initiatives" que se préparait à proposer le président de l’Assemblée nationale, mais aussi les travaux du Sénat en matière de participation électorale. "Dans la transversalité, dans la sérénité, il faudra en tirer toutes les conclusions", a promis le chef du gouvernement.

Patrick Kanner n’aura pas obtenu de réponse sur sa proposition faisant écho à un rendez-vous annuel sur lequel s’était engagé Emmanuel Macron en 2017. "Débattez avec le Parlement en convoquant dès juillet le Congrès !"

"Si vous pensez que c’est la convocation du Congrès qui aurait pu davantage drainer de votes à ces élections, je vous laisse la responsabilité de cette appréciation", a répondu Jean Castex, sans s’engager sur les intentions du président de la République. Patrick Kanner est revenu à la charge au moment de ses quelques secondes de réplique. "Ce Congrès, plus que jamais, à quelques mois de la présidentielle, devient une évidence. Le clivage droite-gauche est revenu, sachez le prendre en considération."

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