Vaccin contre le Covid-19 de Valneva : "Ça me fait mal de voir cette pépite partir de France", déclare la présidente de la région des Pays de la Loire

Le vaccin de la société franco-autrichienne de biotechnologies, située près de Nantes, sera disponible d’abord Outre-Manche. Son directeur expliquait ce choix par le fait que "le Royaume-Uni a financé tous les essais cliniques".

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Radio France
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Un virologue au laboratoire du siège du groupe Valneva à Saint-Herblain, le 30 juillet 2020. Photo d'illustration. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

"Ça me fait mal de voir cette pépite, qu'on connaît bien dans la région, partir de France, aller au Royaume-Uni", a déploré mercredi 3 février sur franceinfo Christelle Morançais, la présidente LR de la région des Pays de la Loire, alors que le vaccin contre le Covid-19 de Valneva, société franco-autrichienne de biotechnologies située près de Nantes, sera disponible en octobre-novembre 2021, d’abord au Royaume-Uni. Fin janvier, son directeur Franck Grimaud avait expliqué ce choix sur franceinfo par le fait que "le Royaume-Uni a financé tous les essais cliniques".

Christelle Morançais ne veut pas "faire de la polémique", mais veut surtout pousser "un cri du cœur, en tant que présidente de région". Rappelant les propos du chef de l'Etat "qui disait, on est en guerre", l'élue estime que, "quand on est en guerre, on met en place une armée. On aurait pu voir ce déploiement ici en France". Selon elle, ce sont "les conséquences aussi de ce que nous vivons déjà depuis plusieurs années avec une bureaucratie qui pèse et qui empêche les talents de développer ici sur notre territoire".

"On marche sur la tête"

Christelle Morançais met en cause "toute la complexité qu'on peut avoir en France pour lancer des projets". Elle plaide pour avoir de "la flexibilité, la réactivité et surtout la simplification" pour les entreprises car "certaines entreprises me disent, on est obligé de prendre un cabinet extérieur pour faire appel à ces subventions ou ces aides européennes". "Je pense qu'on marche sur la tête", lance la patronne de la région des Pays de la Loire.

Elle espère que des "leçons" seront tirées de cette crise : "Saisissons cette crise comme une opportunité pour que ça ne se produise plus, et que ça reste sur nos territoires plutôt que de les voir s'échapper, comme c'est le cas avec Valneva au Royaume-Uni." Christelle Morançais explique que le Royaume-Uni a réussi à "attirer cette entreprise" en faisant "en sorte que tout soit simple pour déployer un process pour Valneva. Ce qui n'a pas été possible sur notre territoire".

La présidente de la région rappelle qu'avec le préfet de région, elle avait "interpellé" l'Etat en disant, "nous connaissons cette entreprise, ayez ce regard attentif." Elle regrette de ne pas avoir eu "de retour à l'époque". Si elle comprend qu'il y a "beaucoup de sollicitations", elle affirme qu'il faut "dérouler le tapis rouge pour ces pépites" afin de "garder nos talents sur nos territoires".

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