Retard dans la vaccination : interpellé, Jean Castex appelle le Sénat à "calmer le jeu"

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France Télévisions

Interpellé à deux reprises sur le défaut d’anticipation de la stratégie vaccinale, le Premier ministre, Jean Castex s’est âprement défendu lors des questions d’actualité au gouvernement. Il appelle à cesser "l’autoflagellation". Le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a lui été interrogé sur le rythme de la campagne de vaccination contre le covid-19.

Pour cette nouvelle année et la reprise des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, les parlementaires n’ont pas épargné le Premier ministre. La question du retard pris dans la vaccination contre le Covid-19 est bien sûr dans toutes les têtes. La sénatrice communiste, Laurence Cohen puis le patron du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner ont pointé le manque d’anticipation du gouvernement comme ce fut le cas, selon eux, avec l’approvisionnement en masque ou en tests l’année dernière.  

"La France na pas à rougir de sa stratégie globale"

Pas de quoi troubler le Premier ministre qui après avoir adressé ses vœux aux parlementaires est rentré dans le vif du sujet. "La France n’a pas à rougir de sa stratégie globale contre cette pandémie" a-t-il démarré sous le brouhaha des élus, avant de poursuivre : "La vérité, c’est que la France est parmi les pays d’Europe qui testent le plus et le mieux. Nous avons des résultats pour 84 % des tests en moins de 24 heures […] Nous avons les taux d’incidence les plus bas d’Europe, les taux de positivité parmi les moins élevés d’Europe. Nous avons confiné avant les autres, certes sans l’accord du Sénat, et nous en avons tiré bénéfice tout en préservant Noël et l’activité au mois de décembre" a-t-il martelé.  

"Nous sommes ici dans la chambre de la sérénité" 

Dans un hémicycle inhabituellement bruyant, Jean Castex enchaîne : "Je ne vous demande pas de cesser de critiquer le gouvernement ou de le contrôler, c’est votre rôle. Mais ne nous autoflagellons pas […] Tout ne va pas bien sûrement. Mais dans quels pays tout va bien ? Vous voudrez bien nous les indiquer et nous nous y rendrons […] A un moment calmons le jeu. Nous sommes ici dans la chambre de la sérénité".En ce qui concerne la stratégie vaccinale, "elle n’a pas changé" a-t-il assuré, rappelant qu’elle consistait à vacciner en priorité les plus fragiles."On a commencé par le plus difficile […] vous savez très bien que pour recueillir le consentement des résidents en Ehpad, il faut prendre des précautions […] On ne juge pas un match qui va durer 90 minutes à la deuxième seconde. Ça n’est pas possible".

Après avoir souligné les difficultés logistiques liées aux conditions de conservation des vaccins, le Premier ministre a reconnu que le calendrier avait été anticipé à la demande du président de la République (lire la suite sur publicsenat.fr)

Vaccination : "Vous ne m’entendrez jamais dire que tout va bien !" répond Olivier Véran

Nouvelle salve d’interrogations du Sénat au gouvernement sur la progression de la couverture vaccinale contre le covid-19, moins de 24 heures après l’audition d’Olivier Véran devant la commission des affaires sociales. Ce 13 janvier, lors de la première séance de questions au gouvernement de l’année, le ministre des Solidarités et de la Santé a une nouvelle fois pris la parole sur l’enjeu numéro un du moment : la vaccination. Rattaché au groupe LR, Fabien Genet, sénateur de Saône-et-Loire, n’a visiblement pas acquiescé à la réponse offensive du Premier ministre, quelques minutes plus tôt. "A vous entendre, tout va très bien !" a-t-il ironisé, avant de déplorer une vaccination progressant à un "rythme de promenade en famille". Inquiet du rythme de la vaccination dans le monde rural, le sénateur s’est demandé pourquoi la France restait loin derrière d’autres pays développés. "Pourquoi 20 % des Français ne sont-ils pas vaccinés comme en Israël, ou deux millions comme au Royaume-Uni, ou au minium 500 000 comme en Allemagne ?"

"Un rythme qui n’a rien à envier à nos voisins"

"Vous ne m’entendrez jamais dire que tout va bien", a rétorqué le ministre visé par les critiques, rappelant les mauvais chiffres difficiles chaque jour, sur le front du covid-19 en France. "Personne ne nie les difficultés d’une mise en place d’une logistique absolument immense", a-t-il ajouté, avant d’assurer que tous les acteurs essayaient de "s’améliorer". Citant le nombre de plus de 50 000 Français vaccinés en date du 12 janvier, Olivier Véran a assuré que le rythme français "n’a rien à envier à nos voisins". "Il continuera à s’accroître progressivement à mesure que les doses de vaccins nous serons livrées." Également interrogé sur l’opportunité de faire appel aux offices de pharmacies pour renforcer la campagne vaccinale, Olivier Véran a exclu de faire appel à eux dans l’immédiat, comme tenu des conditions particulières de conservation à basse température du vaccin, et du conditionnement des doses. "Je compte sur les pharmaciens, lorsque nous aurons un vaccin d’utilisation plus simple", a-t-il promis (lire la suite sur publicsenat.fr).

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