Covid-19 : le vaccin AstraZeneca accessible aux "65-75 ans" avec "comorbidités", une "bonne nouvelle" pour l'infectiologue Odile Launay

Selon la membre du comité scientifique vaccin Covid19, de nouvelles données montrent "que l'efficacité de ce vaccin, quel que soit l'âge, réduit de 95% le risque d'hospitalisation".

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Odile Launay, infectiologue, membre du comité scientifique vaccin Covid-19. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Les annonces du ministre de la Santé lundi 1er mars sont "une bonne nouvelle" et vont "accélérer la vaccination des personnes à risque", se réjouit sur franceinfo la professeure Odile Launay, infectiologue, membre du comité scientifique vaccin Covid19 et coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur. Olivier Véran a indiqué sur France 2 que "désormais" les personnes âgées de "50 ans et plus, incluant les 65-75 ans", souffrant "de comorbidités, de fragilités" pourront se faire vacciner avec le vaccin AstraZeneca chez "leur médecin traitant, dans l'hôpital qui les suit" ou "dans quelques jours en pharmacie".

franceinfo : Les annonces d'Olivier Véran vont-elles accélérer la campagne de vaccination ?

Odile Launay : Oui, et surtout à accélérer la vaccination des personnes fragiles. C’est-à-dire les personnes qui ont entre 50 et 65 ans pour lesquelles aujourd'hui on ne pouvait pas utiliser ce vaccin d'AstraZeneca, et les 60-75 ans. On a maintenant des doses qui vont permettre de vacciner ces personnes qui sont les plus à risque à faire des formes sévères et à être hospitalisées. Donc, c'est une très bonne nouvelle.

Est-ce que les doses sont au rendez-vous ?

Les doses, on aimerait en avoir plus. Mais jusqu'à présent, on manquait de données d'efficacité de ce vaccin AstraZeneca, en particulier chez les plus de 55 ans. On a eu les résultats d'une étude écossaise qui montre que l'efficacité de ce vaccin, quel que soit l'âge, réduit de 95% le risque d'hospitalisation. Donc, ça permet aujourd'hui de proposer cette vaccination et de ne pas la réserver aux sujets plus jeunes, mais de pouvoir la proposer aux sujets plus âgés, en particulier cette tranche d'âge 65-75 ans pour laquelle, jusqu'à présent, on n'avait pas de possibilité vaccinale.

Comment savoir si on est concerné par cette nouvelle phase d'ouverture à la vaccination ?

Les médecins traitants vont solliciter leurs patients. Ils connaissent leurs patients. Ils savent ceux qui ont des maladies chroniques qui les exposent à un risque accru de faire des complications, des maladies cardiaques, des maladies respiratoires, des maladies neurologiques, un diabète. Ce sont des facteurs qu'on connaît bien, qui ont été identifiés depuis le début de cette épidémie comme mettant ces personnes à risque accru de faire des complications, d'être hospitalisées. Et ces personnes-là vont être sollicitées par leur médecin traitant pour pouvoir être vaccinées. Et je crois que c'est vraiment un point très positif et ça devrait permettre de limiter ces formes plus graves de Covid et l'afflux de ces patients en hospitalisation.

Pourquoi, si on a déjà eu le Covid, une seule injection suffit ?

On a maintenant plusieurs publications qui ont été réalisées dans les pays qui ont vacciné avant la France qui montrent que, quand on administre une dose de vaccin à des gens qui ont été préalablement infectés par le virus, cela agit comme un rappel. Notre immunité a déjà été éduquée par l'infection, par le virus lui-même. Et la dose de vaccin permet non seulement une réponse très rapide, mais des titres en anticorps qui sont au moins égaux, voire supérieurs au titre qu'on obtient avec deux doses chez des gens qui n'ont jamais été infectés. Donc, une dose suffit largement. C'est une bonne nouvelle parce que ça permet de réserver la deuxième dose à des personnes qui en ont besoin et qui vont pouvoir de cette façon bénéficier de ce vaccin.

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