Covid-19 : "Quasiment six millions de personnes éligibles à la deuxième dose de rappel ne l'ont toujours pas reçue", s'inquiète le professeur Bruno Megarbane

Le chef du service de réanimation de l'hôpital Lariboisière à Paris en appelle à la "responsabilité" et recommande le port du masque et la vaccination. "Il faut en rester à la recommandation", assure-t-il sur franceinfo.

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Un centre de vaccination à Nice, où l'on a lancé la campagne pour la 4e dose. (PATRICE LAPOIRIE / MAXPPP)

Le professeur Bruno Megarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique de l'hôpital Lariboisière à Paris (AP-HP), a appelé samedi 2 juillet sur franceinfo les personnes âgées fragiles a réalisé "la deuxième dose de rappel" contre le Covid-19 pour "essentiellement se préparer à la vague de septembre-octobre" qui interviendra probablement après les vacances d'été, periode où les gestes barrières ne sont plus maintenus avec autant de rigueur.

>> Covid-19 : pourquoi le pic de contamination de la septième vague est si difficile à prévoir

Aujourd'hui encore, "quasiment 6 millions de personnes éligibles à la deuxième dose de rappel, c'est-à-dire la quatrième dose, ne l'ont toujours pas reçue", indique-t-il. La France a enregistré vendredi plus de 125 000 nouveaux cas de Covid-19. "Le virus circule essentiellement parmi les personnes de 30 à 50 ans", a-t-il souligné.

franceinfo : Dans votre service, les patients contaminés sont-ils en augmentation ?

Bruno Megarbane : Oui, un peu comme dans la société générale, le nombre de patients contaminés augmente. Néanmoins, nous avons essentiellement pour le moment des patients qui viennent pour d'autres pathologies et pour lesquels le dépistage à l'admission à l'hôpital révèle la présence du virus. Ce n'est pas pour autant que le virus est responsable de leur maladie. Par contre, effectivement, pour un certain nombre de patients un peu plus âgés, notamment de plus de 80 ans avec des comorbidités, on ne peut pas exclure que le Covid ait malgré tout décompensé leur maladie de fond et que, finalement, c'est à cause de cette infection que les patients ont été admis à l'hôpital.

Les personnes âgées contaminées qui arrivent à l'hôpital sont-elles vaccinées ?

Pour le moment, la majorité des patients est vaccinée. Par contre, évidemment, ils n'ont pas reçu leur dose de rappel. Aujourd'hui encore, quasiment six millions de personnes éligibles à la deuxième dose de rappel, c'est-à-dire la quatrième dose, ne l'ont toujours pas reçue. Nous avons désormais des études très solides pour montrer que chez les personnes de plus de 60 ans, a fortiori chez les personnes de plus de 80 ans, cette deuxième dose de rappel permet de réduire le risque de forme symptomatique et le risque d'être hospitalisé.

Souhaitez-vous que le rappel vaccinal soit obligatoire ?

Pour le moment, on en reste évidemment aux recommandations. L'obligation de la vaccination n'avait même pas été retenue en dehors des soignants au cours des vagues précédentes. Il faut en rester à la recommandation. C'est un rôle très important que doivent jouer les médecins traitants, les assistantes sociales et les familles elles-mêmes pour inciter les personnes les plus âgées, les plus fragiles à recevoir cette dose. C'est essentiellement pour se préparer à la vague de septembre-octobre. Aujourd'hui, très probablement, les choses vont finir par se tasser et surtout, les contaminations vont avoir lieu dans les zones de vacances, là où il y a des jeunes. D'ailleurs, aujourd'hui, le virus circule essentiellement parmi les personnes de 30 à 50 ans.

Doit-on rendre obligatoire le port du masque ?

Dans la période estivale, le port du masque est évidemment un peu compliqué. Il faut en rester aux recommandations et pas une obligation. Désormais, nous sommes dans une phase nouvelle. Nous devons apprendre à vivre avec le virus. Chacun connaît les risques de développer une forme plus grave et connaît les modes de contamination. Il faut recourir à la responsabilisation citoyenne. Pour les personnes fragiles, le port du masque est une protection individuelle. Pour les autres, c'est un geste altruiste pour éviter de propager le virus, notamment parmi leurs proches un peu fragiles, et puis surtout, de réduire l'absentéisme. Car aujourd'hui, c'est l'une des conséquences importantes de cette contamination, par exemple à l'hôpital. Nous observons régulièrement la nécessité de fermer des lits pour cause d'absence de personnel infecté par le Covid.

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