Covid-19 : "On a raison d'avoir de beaux espoirs dans les vaccins", estime l'infectiologue suisse Didier Pittet

L'infectiologue et épidémiologiste genévois Didier Pittet, qui préside la Mission d'évaluation de la gestion de la crise du coronavirus en France, estime qu'il faut d'ores et déjà s'organiser et préparer les campagnes de vaccination.

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Radio France
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L'infectiologue suisse Didier Pittet, qui préside la Mission d'évaluation de l’exécutif sur la gestion de la crise de la Covid-19, ci-contre à l'hôpital universitaire de Genève le 30 mars 2020. (SALVATORE DI NOLFI / KEYSTONE)

Alors que le "le pic épidémique de la seconde vague a été franchi" d'après Santé publique France, la possibilité d'un vaccin contre le Covid-19 se rapproche. "On a raison d'avoir de beaux espoirs dans les vaccins", affirme le professeur Didier Pittet, infectiologue suisse et président de la Mission indépendante d’évaluation de gestion de crise du Covid-19 en France. Invité de franceinfo samedi 21 novembre, il estime qu'il "faut d'ores et déjà s'organiser et préparer les campagnes de vaccination".

franceinfo : Avec les dernières annonces des laboratoires, les campagnes de vaccination se préparent. A Paris par exemple, la mairie veut commencer dès janvier prochain. Est-ce qu'on a raison de se hâter ainsi ?

Didier Pittet : On a raison d'avoir de beaux espoirs dans les vaccins. Parce que, comme vous l'avez compris, il y aura plusieurs vaccins, certains de nouvelle génération, d'autres de générations un peu plus anciennes. Mais peu importe, nous aurons des vaccins. Pour que la diffusion des vaccins soit importante, il va falloir attendre encore. Que les débuts se fassent le plus rapidement possible, oui, c'est bien. Mais soyons logique pour l'instant, si nous voulons éviter une troisième vague par un déconfinement harmonieux, on ne peut pas compter sur les vaccins. On ne pourra compter sur les vaccins que dans la deuxième partie de l'année, voire éventuellement au début de l'été.

Qu'est ce qui peut garantir l'efficacité de la vaccination pour vaincre une épidémie ?

D'abord il faut avoir des vaccins qui sont très efficaces. On entend que les premiers essais cliniques sont extrêmement encourageants, c'est bien. Ensuite de ça, il faut qu'on soit parfaitement sûr que ces vaccins sont absolument sécuritaires. On commence à avoir de bonnes idées, il faudra qu'elles soient confirmées. Et puis finalement, il faut que ces vaccins soient produits en très grande quantité. Il faut d'ores et déjà s'organiser et préparer la diffusion et les campagnes de vaccination parce qu'effectivement, ça va changer notre vie de tous les jours.

Faudra-t-il réquisitionner des gymnases par exemple, comme lors de la campagne de vaccination de la grippe H1N1 ?

Tout à fait. C'est ce à quoi il faut s'attendre. Et si ça se fait, tant mieux parce que ça voudra dire que nous avons des doses en suffisance. Et c'est ce que nous espérons tous. Donc, tous les États sont actuellement en train de préparer des plans de vaccination qui comprennent en effet de tels apports logistiques.

Qui faudra-t-il vacciner en premier ?

Il va y avoir des priorités, bien entendu. Priorités qui sont discutées d'ailleurs, parce qu'il y a certaines options : certains pensent qu'il faut d'abord vacciner les personnes vulnérables, le personnel soignant, le personnel prioritaire. D'autres, au contraire, disent qu'il faut d'abord aller vacciner les gens qui voient le plus de monde et donc ceux qui seraient ce qu'on appelle les "super spreaders" (super contaminateurs). Toutes ces théories sont à l'étude. On travaille. Il y des modèles qui sont mis en place de manière à essayer d'être le plus efficace possible, le plus rapidement possible. Et je crois que c'est un bel espoir pour l'année 2021.

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