Covid-19 : "La seule porte de sortie et qui protège les populations, c'est le vaccin", martèle Elie Azoulay, réanimateur à l'hôpital Saint-Louis

94 % des malades du Covid-19 admis en réanimation depuis le 5 juillet n'étaient pas vaccinées, selon une tribune écrite par six médecins réanimateurs de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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Radio France
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Une soignante dans un service d'urgence et de maladies infectieuses à l'hôpital de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 26 janvier 2021. (ARNAUD LE VU / HANS LUCAS / AFP)

"Le rempart efficace, la seule porte de sortie et qui protège les populations, c'est le vaccin", a martelé lundi 26 juillet, sur franceinfo, Elie Azoulay, réanimateur et chef du service réanimation à l'hôpital Saint-Louis à Paris, alors que six médecins réanimateurs de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, responsables de services et coordonnateurs départementaux, appellent à la vaccination dans une tribune publiée ce lundi et soutenue par l'Agence régionale de santé. Ils ont constaté que 94 % des malades du Covid-19 admis en réanimation depuis le 5 juillet n'étaient pas vaccinées.

"Le vaccin aujourd'hui est ce qui a permis quand même, dans pas mal de pays, de faire que la crise a été moins importante", souligne Elie Azoulay. Cela a aussi eu comme effet "de diminuer le recours à l'hospitalisation et la réanimation". S'alignant sur la tribune de ses collègues, le réanimateur de l'hôpital Saint-Louis confirme que les patients reçu dans son service, "ceux que nous avons vu et ceux que nous voyons arriver actuellement sont plus jeunes, sont parfois sans aucune comorbidité et en tout cas n'ont pas eu un schéma vaccinal complet". Si certains ont eu récemment une première injection, "aucun patient en réanimation" n'avait "un schéma vaccinal complet".

Un travail de "pédagogie globale" et "individuelle"

Face à la réticence notamment de certains patients à se faire vacciner, Elie Azoulay prône "la pédagogie". Il affirme "comprendre" les hésitations et constate qu'il y a "un besoin de pédagogie globale, mais aussi le besoin d'une pédagogie individuelle". "On va au-devant des gens en parlant gentiment, en expliquant." Il rappelle qu'il fait face à "des infirmiers, des médecins, des aides-soignants qui ont porté sur eux une vague Covid extrêmement lourde". Et ces soignants "sont cramés, sont abîmés, ils sont brûlés. Ils ont cet épuisement émotionnel, c'est-à-dire que pour un rien, on va les sentir embêtés". Pour le réanimateur, il s'agit donc d'aller "au-devant d'eux, d'expliquer que même s'ils sont jeunes, ils peuvent quand même faire des formes graves. Et ne pas être vaccinés, c'est un risque pour soi et c'est un risque pour les autres".

Pour les convaincre, il faut donc "y aller tout doucement, avec une certaine pédagogie", insiste le chef du service réanimation de l'hôpital Saint-Louis. Sans être sûr de "gagner pour tout le monde", cela permettra de "rassurer les gens", en acceptant "qu'il y ait des arguments pour décaler ou prendre quelques précautions autour de la vaccination".

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