Covid-19 : la recommandation de la HAS va "rajouter de la défiance face à AstraZeneca", déplore l'infectiologue Benjamin Davido

"On se retrouve dans un scénario compliqué et on peut s'interroger sur comment on fera avec les prochains vaccins pour gagner la confiance des Français", pointe-t-il. 

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Radio France
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Une dose de vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, le 19 mars 2021. (THOMAS COEX / POOL)

La Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé vendredi 9 avril de recourir aux vaccins utilisant la technologie ARN contre le Covid-19 pour la deuxième dose chez les personnes âgées de moins de 55 ans ayant reçu en première injection le vaccin d'AstraZeneca."Le problème c'est que cela va rajouter de la défiance face à AstraZeneca", a réagi vendredi sur franceinfo Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine).

franceinfo : Que pensez-vous de cette décision ?

Benjamin Davido : Le problème c'est que cela va rajouter de la défiance face à AstraZeneca. C'est-à-dire que les plus de 55 ans, à mon avis, ne voudront plus du tout se faire vacciner par AstraZeneca. C'est un problème parce que cet évènement [les cas de thrombose] est extrêmement rare, le bénéfice de la vaccination est bien supérieur, encore plus chez des gens qui n'ont fait aucun effet secondaire.

"On veut une politique du zéro risque face à la vaccination mais la vaccination reste un médicament et tout médicament a des effets indésirables."

Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches

à franceinfo

Selon les pays, l'âge limite pour se faire vacciner avec AstraZeneca n'est pas le même. Est-ce que cela ne contribue pas à alimenter la méfiance ?

Oui, absolument. L'Angleterre ne le recommande pas en-dessous de 30 ans, ce qui veut dire qu'au-dessus on peut être vacciné. On voit bien que ce curseur à géométrie variable n'est pas là pour rassurer et qu'il faudrait une décision de l'Agence européenne du médicament qui ne donne que des directives, sans trancher. On se retrouve dans un scénario compliqué et on peut s'interroger sur comment on fera avec les prochains vaccins pour gagner la confiance des Français.

Au-delà des problèmes de confiance, avoir une piqûre de rappel avec un produit différent du premier, est-ce gênant ?

C'est compliqué parce qu'on attend des études poussées avec assez de recul. Pour le moment on n'a pas de recul sur le fait de mélanger des vaccins. Cela ne nous semble pas dangereux. Ce que l'on peut espérer c'est que la réponse immunitaire soit aussi forte. Ce qui me rassure sur le fait que ce soit faisable c'est que ce sont deux catégories de vaccins réputés très immunogènes. Donc on ne devrait pas perdre en qualité de la réponse.

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