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Covid-19 : la huitième vague "ne nous inquiète pas" mais "il faut recommencer à porter le masque dans les transports", selon la présidente du Covars

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Article rédigé par France Info
Radio France

Brigitte Autran estime que le port du masque doit devenir un "geste civique". Elle a pris la tête du Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars), qui remplace le Conseil scientifique. 

La huitième vague de Covid-19 qui touche actuellement la France, avec 42 000 cas par jour en moyenne, "ne nous inquiète pas", a déclaré vendredi 30 septembre sur franceinfo Brigitte Autran, présidente du nouveau Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars), qui a succédé ce jeudi au Conseil scientifique. Elle estime toutefois qu'"il faut vraiment recommencer à porter le masque dans les transports". Elle estime que "ça doit devenir une sorte de geste civique". Pour elle, les nouveaux vaccins bivalents qui arrivent en France le lundi 3 octobre "vont permettre de mieux limiter l'infection et la transmission".

franceinfo : La composition de ce fameux Covars a été rendue publique hier. En quoi est-il différent du Conseil scientifique qu'il est censé remplacer ?

Brigitte Autran : Le Covars diffère du conseil scientifique par ses missions. Il n'est pas ciblé seulement sur le Covid-19, mais sur les risques infectieux en général et les risques de crises sanitaires provoqués par les infections, notamment les infections qu'on conçoit dans ce qu'on appelle "santé globale" ou "santé unique". C'est-à-dire toutes ces infections qui peuvent être transmises de l'animal à l'homme ou de l'homme à l'animal. Il se penchera aussi sur les risques liés à l'alimentation et surtout au changement climatique, à la pollution et à l'environnement. Ce sont donc des missions différentes, mais aussi bien sûr une composition différente du Conseil scientifique, même si environ la moitié des membres du Covars faisaient déjà partie du Conseil scientifique ou du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale.

Des patients sont désormais représentés au sein de ce Covars. Qu'est-ce que cela peut changer ?

Ils l'étaient déjà, en particulier dans le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale. Cependant, c'est vrai que nous avons désormais deux associations de patients et une représentante citoyenne au sein de ce comité. Nous avons donc une vraie représentation de ce qu'on appelle la démocratie sanitaire. Pour moi qui ai travaillé toute ma vie sur le Sida, ça change beaucoup de choses. Nous, scientifiques et médecins, nous avons nos propres visions de comment traiter des patients, mais c'est très important de travailler avec des patients qui nous disent qu'il ne suffit pas de faire un médicament. Il faut aussi que ce médicament aille jusqu'au patient. C'est très important d'avoir une représentante des citoyens qui nous dit comment on va faire pour aller vers le patient.

En haut de vos priorités demeure actuellement le Covid-19. Une huitième vague est en train de toucher la France, avec 42 000 cas par jour. Est-ce que cette vague vous inquiète ?

Non, elle ne nous inquiète pas. Elle est là et elle est réelle. Je dis qu'il faut vraiment recommencer à porter les masques dans les transports et dans tous les endroits peuplés. Quand on est dans l'entourage d'une personne fragile, il faut vraiment la protéger. La protéger, c'est d'abord se vacciner et puis c'est porter un masque.

Il faut prendre modèle sur les populations asiatiques qui portent des masques depuis très longtemps dès qu'elles ont un rhume, dès que quelqu'un a un rhume dans leur famille. Je crois que maintenant, ça doit devenir une sorte de geste civique.

Brigitte Autran, présidente du Covars

sur franceinfo

Pour l'instant, nous ne sommes plus dans l'ère du masque obligatoire dans les transports. Pour l'instant, il n'y a pas de spectre d'un méchant variant qui arrive à l'horizon. C'est extrêmement surveillé partout dans le monde. C'est ça qui pourrait changer la donne. Cependant, actuellement, les hospitalisations montent.

Les vaccins bivalents, ciblés sur le variant Omicron, vont arriver à partir de lundi 3 octobre en pharmacie. Ils vont changer quoi ? Sont-ils vraiment beaucoup plus efficaces que les vaccins précédents ?

Les vaccins précédents sont très efficaces et restent très efficaces pour protéger contre les formes graves. L'intérêt des nouveaux vaccins, qui vont comporter à la fois la souche première et les nouveaux variants, vont permettre de mieux limiter l'infection et la transmission. Il faut se vacciner, même si on n'a pas accès aux vaccins bivalents. Je parle des populations éligibles, c'est-à-dire les plus de 60 ans, les personnes fragiles et l'entourage des personnes fragiles. Pour le reste de la population, pour l'instant, il n'est pas question de faire de nouveau rappel, parce que l'on voit que les gens jeunes gardent une bonne immunité qui les protège contre les formes graves. Ça ne protège pas contre l'infection, mais ça protège contre les formes graves. C'est ce qui est important.

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