Appel à la vigilance en Occitanie : "Cette phase d'hospitalisation débute et ne va aller qu'en augmentant", alerte le médecin Jérôme Marty

La hausse des hospitalisations va se poursuivre, suivant la courbe exponentielle de la hausse du nombre de cas positifs au Covid-19. Une immense majorité des personnes hospitalisées, de plus en plus jeunes, ne sont pas vaccinées.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le nombre d'hospitalisations pour Covid-19 augmente particulièrement en Occitanie, comme ici, au service de réanimation de l'hôpital de Montpellier.  (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

L'Agence régionale de santé Occitanie a lancé un appel "à la vigilance" et au respect des gestes barrières pour "ralentir le rythme de l'épidémie" de Covid-19. Dans la région, le taux d'incidence a explosé en une semaine, +41%. C'est plus de huit fois le seuil d'alerte. "Cette phase d'hospitalisation débute et ne va aller qu'en augmentant", a alerté dimanche 1er août sur franceinfo Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française pour une médecine libre (UFML). Il précise que la hausse des hospitalisations concerne "en immense majorité des non-vaccinés" avec des "patients beaucoup plus jeunes que ceux que l'on pouvait avoir dans les autres phases". "Pour ne pas être hospitalisé pour Covid, il faut se vacciner", martèle Jérôme Marty.

franceinfo : Ressentez-vous cette explosion des contaminations et des hospitalisations ?

Jérôme Marty : Bien sûr, on la ressent. On est alertés par nos confrères qui travaillent à l'hôpital, aux urgences, en réanimation et qui nous disent que le nombre d'hospitalisations progresse. C'est mathématique, malheureusement inévitable. On est dans la quatrième vague. On a appris à appréhender cette pathologie. On sait que les hospitalisations suivent toujours de quinze jours à trois semaines les cas positifs. Or, on a vu qu'il y avait une explosion de cas positifs, en particulier chez les jeunes, dans l'ex-région Languedoc-Roussillon, notamment dans les Pyrénées-Orientales, l'Hérault, l'Aude. Et maintenant, on passe à cette phase d'hospitalisation qui débute et qui ne va aller qu'en augmentant.

Quel type de population est concernée par cette hausse ?

Ce sont en immense majorité des non-vaccinés, et ce sont des patients plus jeunes, voire beaucoup plus jeunes, que ceux que l'on pouvait avoir dans les autres phases.

"Il ne faut pas écouter tous les gens porteurs de théories farfelues, qui nous disent que cette maladie ne touche que les gens âgés."

Jérôme Marty, médecin généraliste

à franceinfo

Malheureusement, nous avons des jeunes qui rentrent à l'hôpital. On a protégé les patients âgés. On les a vaccinés. Il y en a maintenant assez peu qui n'ont pas été vaccinés [14% des plus de 75 ans le 29 juillet, selon Santé Publique France]. Et donc malheureusement, on retrouve en hospitalisation, voire en réanimation, des gens qui ont entre 20 et 50 ans.

À quoi est due cette explosion du nombre de cas ?

Elle est due aux concentrations populationnelles dans des générations qui ont de très fortes interactions, en particulier les jeunes. Je ne dis pas ça du tout pour jeter la pierre ou pour les juger. Simplement, quand on a entre 20 et 30 ans, on croise plus de personnes dans la journée que quand on est plus âgé. On sort le soir, on fait la fête. Et le virus lui, on le rappelle, se diffuse en passant d'un corps à un autre. Donc il a besoin de carburant. Ce carburant, c'est le corps des hommes. Et si vous n'êtes pas vacciné, vous allez risquer de faire une forme plus grave que quelqu'un qui est vacciné. Et donc, vous allez vous retrouver potentiellement à l'hôpital dans certains cas.

Avec la hausse du nombre de personnes vaccinées, avez-vous bon espoir que cela amenuise l'effet sur l'hôpital ?

On voit que sur neuf départements sur la France, il semble qu'on ait atteint déjà la crête de cette vague en termes de cas positifs. Encore une fois, il faut garder à l'esprit que quand la courbe commence à baisser sur les cas positifs, elle baissera dans trois semaines à un mois seulement sur les hospitalisations et la réanimation. Il y a toujours ce décalage. Cela veut dire que le nombre d'hospitalisations et de réanimations va continuer à augmenter pendant un mois. Donc on devrait commencer à avoir une baisse début septembre, si ces chiffres se vérifient. Mais il y a un effet ciseau qui est terrible. Il y a celui structurel lié à la période, qui fait que les hôpitaux tournent avec moins de personnels et avec des services qui sont fermés. Et puis vous avez une pénurie de personnels qui vient s'ajouter à celle-ci, qui est celle de l'épuisement en lien avec le Covid.

"Il y a quantité de personnels qui sont déjà manquants. Donc on a encore plus de difficultés à absorber ce surcroît d'hospitalisations."

Jérôme Marty, médecin généraliste

à franceinfo

C'est pour cela qu'il faut aider les soignants. Et pour aider les soignants, il faut ne pas être hospitalisé pour Covid. Et pour ne pas être hospitalisé pour Covid, il faut se vacciner.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Vaccin contre le Covid-19

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.