Le Secours populaire de l'Hérault annule deux jours de plage pour 800 enfants "oubliés des vacances" à cause du coronavirus

Les cas positifs se multiplient en effet dans le département. Le Secours populaire indique par ailleurs que le nombre de bénéficiaires "a doublé" dans les permanences.

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Mille enfants isérois "oubliés des vacances" avaient pu profiter de la plage de Palavas-les-Flots (Hérault) en août 2019. (ELENA LOUAZON / RADIOFRANCE)

800 enfants sont privés de plage à cause de la multiplication du nombre de cas positifs au coronavirus dans le département de l'Hérault. Ils devaient passer une journée à Frontignan pour profiter de la plage des Aresquiers, au sud-ouest de Montpellier dans le cadre du dispositif des "oubliés des vacances" mais le Secours populaire a été contraint d'annuler ces deux journées prévues mardi 25 et mercredi 26 août, rapporte France Bleu Hérault

"C'est évidemment une grande déception, mais pour des raisons de sécurité, c'est mieux ainsi", a estimé auprès de France Bleu Hérault, le secrétaire général du Secours populaire du département, Fabien Albert. Il a expliqué avoir "bien vu ce qui se passait pendant l'été chez nous, sur le littoral, qu'on ne pouvait pas se protéger avec autant de monde au bord des plages".

À la place des "journées bonheur"

La ville de Frontignan et le Secours populaire de Rhône-Alpes s'étaient déjà adaptés à la crise sanitaire en organisant deux journées de plage, plutôt qu'une, afin d'accueillir 400 enfants chaque jour. L'antenne héraultaise du Secours populaire a finalement opté pour des journées en petits groupes, baptisées les "journées bonheur". 500 enfants et parents du département profiteront, jusqu'à jeudi, d'une sortie au lac de la Raviège à La Salvetat-sur-Agout, avec des activités comme le pédalo ou l'accrobranche, par groupes de 20 personnes, selon France Bleu Hérault. 

C'est la journée pour un enfant qui n'a pas l'occasion de partir en vacances d'avoir enfin une bulle pendant ces deux mois où ses copains sont partis et ont vécu des choses extraordinaires et lui non, il a un souvenir auquel s'accrocher.

Fabien Albert, secrétaire général du Secours populaire de l'Hérault

à France Bleu

Le nombre de nécessiteux a doublé avec la crise sanitaire

"Le nombre de personnes qui font appel au Secours populaire, dans nos permanences, a doublé", rapporte par ailleurs mardi 25 août sur franceinfo Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire et secrétaire générale de la fédération de Haute-Garonne. Un doublement constaté "pendant le confinement, notamment pour les familles précaires qui étaient déjà sur le fil du rasoir. Cela a creusé leurs difficultés".

Ensuite, c’est un nouveau public qui est arrivé, poursuit-elle. "Depuis le mois de juin", ce sont notamment des "auto-entrepreneurs qui n’ont pas de trésorerie et ne peuvent pas faire face à leurs charges" ou encore des "étudiants qui cherchent un logement et ne savent pas comment ils vont assurer leurs charges".

Nous avons rencontré la semaine dernière un étudiant qui était surveillant dans un collège et donc le contrat n’a pas été renouvelé. Son inquiétude à lui, c’est de savoir comment il va pouvoir payer son loyer et faire sa dernière année de Master.

Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire

à franceinfo

Début juillet, le gouvernement a annoncé débloquer 55 millions d'euros supplémentaires, après 39 millions en avril pour les associations qui apportent une aide alimentaire aux ménages. "On a reçu quelques fonds pour pouvoir nous aider à apporter une aide alimentaire de qualité pour toutes ces familles", reconnaît Houria Tareb qui demande tout de même "un nouveau plan d’aide, un soutien aussi important que celui que nous avons eu durant ces derniers mois". "J’espère que l’État sera là", souhaite-t-elle.

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