Fêtes de fin d'année : des "réveillons solidaires" plus difficiles à organiser" affirme la Fédération des acteurs de la solidarité

Florent Gueguen, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité, indique que "les associations contre l'exclusion sont très inquiètes pour l'année 2021".

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Radio France
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Lors d'un réveillon solidaire à Tours, le 24 décembre 2019. (VICTOR VASSEUR / RADIOFRANCE)

Les fêtes de fin d'année sont l'occasion de se retrouver en famille ou entre amis. La crise sanitaire et la fermeture des restaurants favorisent l'isolement. Cette période est particulièrement difficile pour les personnes isolées et les personnes pauvres. "Tous les signaux de la pauvreté sont au rouge", a expliqué samedi 26 décembre sur franceinfo Florent Gueguen, président de la Fédération des acteurs de la solidarité. "Les associations contre l'exclusion sont très inquiètes pour l'année 2021", a-t-il ajouté. Florent Gueguen a aussi indiqué que "les réveillons solidaires ont été moins nombreux" en cette fin d'année "du fait des mesures de protection sanitaire".

franceinfo : Comment se sont déroulés les Noël solidaires ?

Florent Gueguen : Les réveillons solidaires étaient plus difficiles, ils ont été moins nombreux du fait des mesures de protection sanitaire qui rendent plus difficile l'organisation de repas collectifs. Il y a moins de bénévoles dans les associations de lutte contre l'exclusion, en particulier en raison du retrait d'un certain nombre de bénévoles un peu âgés qui ne peuvent plus intervenir auprès des publics. Nous veillons malgré tout à marquer le coup de Noël parce que c'est une grande fête de solidarité et de fraternité. Il y a eu de nombreux réveillons et d'actions de collecte et de distribution de jouet pour les enfants et les familles dans les centres d'hébergement.

La solidarité s'est-elle organisée différemment ?

Oui, il y a des éléments d'optimisme malgré cette crise sociale qui est très dure pour les plus démunis. Nous constatons qu'à côté de l'action traditionnelle des grandes associations caritatives, il y a eu beaucoup d'actions de solidarité citoyenne, notamment dans les quartiers populaires. Ce sont des actions classiques de collecte alimentaire, de jouets et de distribution aux associations, notamment pour celle qui gèrent des lieux d'accueil pour les sans domicile fixe. C'est un élément d'optimisme parce que ça montre que malgré la crise sociale qui touche beaucoup de Françaises et de Français, il y a une volonté de solidarité qui reste très forte.

La pauvreté a-t-elle augmenté ?

Il y a une augmentation spectaculaire du nombre d'allocataires du RSA, + 8% en octobre, par rapport à l'année 2019. Il y a une augmentation prévisible du nombre de personnes qui vont dans les distributions alimentaires avec de nouveaux publics pauvres, comme les jeunes qui ont perdu des ressources ou un emploi et qui n'accèdent pas au RSA.

"Les associations contre l'exclusion sont très inquiètes pour l'année 2021. Tous les signaux de la pauvreté sont au rouge."

Florent Gueguen, président de la Fédération des acteurs de la solidarité

à franceinfo

On estime que 8 millions de personnes sollicitent régulièrement l'aide alimentaire. Ce chiffre est en augmentation de 30% par rapport à la même période l'année dernière. Nous savons que cette augmentation de la pauvreté va continuer en 2021. Avec l'augmentation des impayés de loyers nous craignons une très forte reprise des expulsions locatives à partir du printemps.

Les Français ont-ils beaucoup donné aux associations ?

France générosités, qui évalue les dons qui sont faits aux associations, indique que ces dons ont plutôt augmenté sur le premier semestre 2020. Il faut continuer à donner, les Français ont jusqu'au 31 décembre pour le faire. C'est un geste de solidarité et cela reste défiscalisé. Il faut continuer à soutenir les associations de lutte contre la pauvreté, dans un contexte d'urgence sociale.

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