Covid-19 : le nombre de loyers impayés en forte augmentation, les associations demandent un moratoire sur les expulsions

Les associations avaient déjà constaté une hausse des loyers impayés après le premier confinement et s'attendent désormais à des difficultés encore plus importantes dans les prochains mois.

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Radio France
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Un avis d'expulsion sur une porte d'entrée.  (JEAN-FRAN?OIS FREY / MAXPPP)

Les Agences départementales pour l'information sur le logement ont reçu le mois dernier 15% d'appels à l'aide en plus. Et ce n'est qu'un début, selon Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement. Il demande donc des mesures fortes. "Si on ne fait pas quelque chose maintenant, on va vers la catastrophe l'année prochaine, assure-t-il. Il faut une année zéro en termes d'augmentations des loyers et une année zéro en termes d'expulsions locatives."

La ministre du Logement lance à cet égard lundi 16 novembre un Observatoire des impayés, difficiles à quantifier en temps réel parce que les procédures sont souvent lancées après plusieurs mois de retard dans les paiements. Il doit mesurer l'ampleur du phénomène et surtout permettre d'anticiper la vague de loyers impayés qui s'annonce à cause du second confinement imposé par le gouvernement pour lutter contre la crise du coronavirus Covid-19.

Des difficultés attendues dans les prochains mois

C'est en effet ce que redoutent les associations, qui avaient déjà constaté une hausse après le premier confinement et s'attendent à des difficultés encore plus importantes dans les prochains mois. La Fondation Abbé Pierre estime qu'il faudrait consacrer 200 millions d'euros à un fonds pour aider les locataires avant les impayés. "On a beaucoup de personnes qui ont effectivement priorisé le loyer en rognant sur les autres dépenses, souligne Marie Rothhahn, juriste pour la Fondation Abbé Pierre. En témoigne la hausse, par exemple, de l'aide alimentaire..."

Beaucoup de personnes qui ont réussi à surmonter grâce aux aides le premier confinement vont cette fois-ci plonger. C'est le deuxième effet qui va être catastrophique.

Marie Rothhahn

à franceinfo

Après la crise financière de 2008, les procédures d'expulsion avaient augmenté pendant cinq ans. Aujourd'hui, l'enjeu est donc d'aider les plus précaires à payer leur loyer et à ne pas tomber dans la spirale du surendettement.

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