Ruée dans les supermarchés : "ll n'y a aucune raison de s'affoler, on est dans l'irrationnel total", estime le président de l'Association des industries alimentaires

Pâtes, conserves mais aussi produits d'hygiène et ménagers : les Français s'arrachent tout ce qui peut se garder

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Radio France
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Dans un commerce hypermarché d'Amiens, la peur des restrictions dues au coronavirus provoque une frénésie d'achat ce lundi, avec des rayons vides. (MARC BERTRAND / FRANCE-BLEU PICARDIE)

Richard Girardot, président l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) a appelé lundi 16 mars sur franceinfo à la "responsabilité" des Français qui se ruent dans les supermarchés pour faire le plein de provisions en cas d’un confinement total pour lutter contre le coronavirus. "ll n'y a aucune raison de s'affoler et on est dans l'irrationnel total", a-t-il affirmé.

Franceinfo : Vous demandez aux Français à ne pas se précipiter dans les supermarchés ?

Richard Girardot : Il n'y a aucun risque de pénurie. Les usines fonctionnent en trois huit. Le taux d'absentéisme est inférieur à 5%. Pour l'instant, il n'y a aucune raison de s'affoler et on est dans l'irrationnel total.

Vous appelez à la responsabilité de chacun ?

Oui, responsabilité. Le gouvernement nous accompagne dans les mesures sociales. Il y a une union sacrée avec tous nos clients. Tous nos clients sont extrêmement proches de nous dans cette période difficile. Il n'y a aucune raison de s'affoler, d'avoir ce comportement irrationnel d'achats compulsifs de 20, 30 paquets de pâtes, de riz ou des pots de confiture ou des fruits au sirop ou des cassoulets de façon complètement désordonnée. Les gens s'affolent. Il n'y a aucune raison de s'affoler.

Cette ruée vers les magasins pourrait vous mettre en difficulté ?

Pour l'instant, non. Il n'y aucune raison de s'affoler. Les mesures sont prises. On sent en fait un manque de confiance, une défiance totale vis-à-vis de la parole politique, la parole religieuse, la parole maintenant médicale, à ne pas suivre les recommandations du milieu médical qui, depuis maintenant une semaine, martèlent les mêmes mots d'ordre. Et on continue à avoir cet affolement dans les points de vente, malgré cette prise de parole des clients, des industriels et de nos ministres de tutelle.

Le manque de personnel dans les magasins pourraient être un problème ?

On était au maximum à 10% d'absents dans certaines équipes de certaines sociétés de l'industrie agroalimentaire. Mais à aucun moment, ça ne met en cause la capacité de produire les produits de première nécessité ou pas de première nécessité, d'ailleurs. On produit normalement tous nos produits agroalimentaires français. On n'est pas là par hasard, la première ou la deuxième industrie au niveau mondial, au niveau de la qualité, pour être en difficulté dans cette période difficile.

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