Réouverture des salles de cinéma : un million de spectateurs en moins de dix jours, c'est "absolument extraordinaire", se félicite la Fédération nationale des cinémas

La situation actuelle "n'est pas rentable", précise le délégué général de la FNCF. Le marché est dans une "phase de transition".

Une salle de cinéma parisienne le 21 juin 2020.
Une salle de cinéma parisienne le 21 juin 2020. (ABDULMONAM EASSA / AFP)

"Le million de personnes qui s'est rendu dans les salles démontre son désir de cinéma, son envie d'aller au cinéma", a affirmé mercredi 1er juillet sur franceinfo Marc-Olivier Sebbag, le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), moins de dix jours après la réouverture des salles obscures en France.

"Depuis la réouverture des salles lundi dernier, il y a plus d'un million de personnes qui sont allées au cinéma", note Marc-Olivier Sebbag. "C'est absolument extraordinaire, puisque les salles ont fermé pendant quasiment quatre mois.

Il y a un million de Français qui se sont dit, je vais aller au cinéma dès qu'ils vont rouvrir.Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la FNCFà franceinfo

 

Le délégué général de la FNCF estime que "c'est cette envie-là que sentent les salles et qui nous permet d'espérer de revenir rapidement à un niveau beaucoup plus habituel de fréquentation". Les spectateurs ont répondu présent "parce qu'ils avaient un désir de voir un film dans une salle de cinéma, un film ensemble avec d'autres spectateurs, dans les conditions sanitaires d'organisation dans lesquelles les cinémas ont été autorisés".

La fréquentation des salles reste néanmoins "en-dessous de la fréquentation habituelle", souligne Marc-Olivier Sebbag. "Mais depuis cette épidémie, rien n'est comparable. 

On ne peut pas comparer avec ce qui s'est passé les années précédentes, surtout que les années précédentes, il y avait la Fête du cinéma à cette période. Nos repères ne sont pas là.Marc-Olivier Sebbagà franceinfo

Il n'en demeure pas moins que c'est plus de personnes et plus d'entrées qu'on l'estimait initialement. Mais tout ce qui s'annonce aujourd'hui est déjà très intéressant.", tempère le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français.

Des dates de sortie avancées pour profiter de l'absence de films américains

Marc-Olivier Sebbag note que plusieurs distributeurs français "ont avancé" les sorties de leurs films, tandis que les films américains se font rares, car "ils sont soumis à des questions sanitaires qui ont lieu aux États-Unis et qui ne dépendent ni des studios hollywoodiens ni des représentants en France, mais plutôt de la politique des États-Unis en matière sanitaire". Les studios américains "font le pari qu'ils pourront sortir des films dans le monde entier, et donc en France, au mois d'août". Il y a donc "une opportunité extraordinaire pour les distributeurs de films français", souligne Marc-Olivier Sebbag, car ces films "n'auront pas la concurrence d'un blockbuster américain. Et c'est pour cela que certains distributeurs avancent des films pour qu'ils puissent être proposés plus tôt".

La situation actuelle "n'est pas rentable", précise le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français. Le marché est dans une "phase de transition", afin de "permettre de revenir à un niveau de fonctionnement plus normal économiquement". Mais actuellement, "on est en-dessous des niveaux habituels et c'est pour ça qu'il faut qu'elle soit la plus courte possible pour que, le plus rapidement possible, on revienne à un fonctionnement, en niveau d'entrées, normal", ajoute Marc-Olivier Sebbag.