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Prêt de 5 milliards à l'étude de l'État à Renault : "Toute la question est de savoir ce que l'on va en faire", interroge la CGT

Le syndicat se méfie, faisant allusion à l'utilisation des prêts perçus lors de la crise en 2009 qui ont servi, selon le syndicat, "à financer des délocalisations". Il espère cette fois un "projet industriel qui soit au service du progrès social et au service du bien commun".

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Radio France
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Le siège du groupe Renault à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine (illustration). (ERIC PIERMONT / AFP)

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a annoncé vendredi soir sur TF1 que le gouvernement travaillait sur un prêt de 5 milliards d'euros à Renault. Le groupe automobile a annoncé que son chiffre d'affaires était en chute de 20% au premier trimestre à cause de la crise sanitaire liée au coronavirus. Pour Fabien Gache, délégué syndical central CGT chez Renault, interrogé sur franceinfo samedi 25 avril, "toute la question est de savoir, ce que l'on va en faire du prêt". Il plaide pour "un tournant, un nouveau cap à l'entreprise pour cette fois-ci, tourner le dos aux stratégies financières" qui permettrait "d'aller plutôt vers un projet industriel qui soit au service du progrès social et au service du bien commun".

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L'État avait d'ores et déjà annoncé qu'il était prêt à soutenir Renault, dont il détient 15% du capital. Le groupe automobile a supprimé les dividendes pour ses actionnaires et baissé la rémunération de 25% de ses deux dirigeants. "C'est une bonne chose", selon Fabien Gache, à condition que la direction du groupe mette fin à la "logique mortifère pour l'avenir de Renault en France" et à une "stratégie exclusivement financière mise en oeuvre dans l'entreprise".

Les prêts de l'État dont a bénéficié Renault en 2009, au moment de la crise financière, n'ont pas servi à l'investissement et au développement de l'entreprise mais à financer des délocalisations et des externalisations.

Fabien Gache, délégué syndical central CGT chez Renault

à franceinfo

Enfin, Fabien Gache fait part de ses craintes "pour la santé des salariés dans le cadre de la reprise des activités". Il estime que "les conditions sanitaires ne sont pas réunies notamment sur les usines de montage et de mécanique pour éviter toute propagation du virus". "Dans beaucoup d'endroits, on ne voit absolument pas comment on pourrait empêcher les salariés d'être à plus d'un mètre les uns des autres notamment sur une chaîne de montage", pointe du doigt le délégué syndical central CGT chez Renault.

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