Paris : des chauffeurs de bus de la RATP s'estiment mal protégés face au coronavirus, ils saisissent la justice

Selon eux, une désinfection toutes les 24h des véhicules, pendant la nuit, n'est pas suffisante. Ils demandent aussi une évaluation des risques auxquels sont exposés les agents et une meilleure formation pour agir, par exemple, face à un voyageur malade.

Deux chauffeurs de bus en pause à Paris pendant le confinement en raison de l\'épidémie de coronavirus (photo d\'illustration).
Deux chauffeurs de bus en pause à Paris pendant le confinement en raison de l'épidémie de coronavirus (photo d'illustration). (VICTOR VASSEUR / FRANCE-INFO)

Les élus du personnel de cinq dépots de bus du nord parisien ont saisi la justice pour réclamer de la RATP des mesures de protection supplémentaires contre le coronavirus, rapporte France Bleu Paris, jeudi 30 juillet. Ils ont saisi en référé le tribunal judiciaire de Paris. Celui-ci doit se prononcer vendredi 31 juillet.

Les syndicats ont relevé cinq manquements. Les chauffeurs estiment d'abord que les bus ne sont pas désinfectés suffisamment régulièrement. Selon eux, une désinfection toutes les 24h, pendant la nuit, n'est pas suffisante. Ils demandent une désinfection entre chaque service. "Une désinfection par jour pourrait suffire s'il n'y avait pas trois ou quatre chauffeurs qui se succèdent au même poste de conduite, dans le même bus, pendant la même journée", défend maître Mehdi Bouzaïda, l'avocat des chauffeurs.

Le ménage nocturne des bus "à la lampe frontale"

La direction de la RATP, elle, ne souhaite pas commenter, explique France Bleu Paris. Elle assure cependant désinfecter les bus tous les jours, depuis fin mars, et suivre les recommandations de la médecine du travail. L'autre point noir concerne les conditions de nettoyage des bus par les entreprises sous-traitantes de la RATP.

La RATP refuse d'éclairer les bus la nuit pendant qu'ils sont nettoyés par les salariés des sous-traitants, donc ils éclairent... à la lampe frontale.Mehdi Bouzaïda, avocat des chauffeursà franceinfo

En plus de la désinfection et des conditions de nettoyage, les élus du personnel ont trois autres demandes : l'évaluation des risques auxquels sont exposés les agents, l'information et des formations approfondies sur les modalités d'intervention face à un voyageur malade par exemple.