Ouverture des frontières de l'Europe : "Ce ne sont pas les cas étrangers qui vont faire que l'épidémie va repartir à un endroit ou à un autre", affirme un médecin

"La plupart des pays ont encore une circulation résiduelle qui suffit largement à relancer l'épidémie si les mesures barrières (…) sont levées", selon spécialiste de la modélisation des maladies.

Les touristes bientôt de retour en France ? (photo d\'illustration à l\'aéroport de Nice)
Les touristes bientôt de retour en France ? (photo d'illustration à l'aéroport de Nice) (VALERY HACHE / AFP)

"Je n'ai jamais cru à la fermeture des frontières. Je ne pense pas que la situation des pays dépende des gens qui vont venir d'autres pays, sauf pour des îles qui sont complètement débarrassées du virus", explique mardi 30 juin sur franceinfo Martin Blachier, médecin qui dirige la société Public Health Expertise, spécialisée dans la modélisation des maladies, alors que les dirigeants européens vont décider d'une liste de pays dont les ressortissants seront autorisés à voyager dans l'Union européenne à partir de mercredi 1er juillet.

"On pourrait craindre une réimplantation virale de l'extérieur", poursuit-il. Mais selon Martin Blachier, "ce ne sont pas les cas étrangers qui vont faire que l'épidémie va repartir à un endroit ou à un autre. La plupart des pays ont encore une circulation résiduelle qui suffit largement à relancer l'épidémie si les mesures barrières (…) sont levées". Il considère que la fermeture des frontières relève du "principe de précaution". "Ce sont des choses qui sont politiques. Il n'y a aucune étude sortie dans le monde pour dire l'impact des ouvertures ou fermeture des frontières", souligne Martin Blachier.

Le coronavirus n'est pas une épidémie "à vague unique"

Le médecin pense que l'épidémie de Covid-19 n'est pas "une épidémie à vague unique", et s'attend à des "réascensions épidémiques", comme aux États-Unis. "Plus vous avez été touchés par la première vague, plus le risque de deuxième vague est faible", note Martin Blachier, pour qui "il y a plein de zones en France qui sont encore à risque". "On s'attend, si ça repart, à ce que cela reparte plutôt dans des endroits comme Toulouse, Nantes, ou d'autres villes de France qui n'ont pas été touchées et dans lesquelles il y a autant de potentiel que n'importe quel État américain qui n'avait pas du tout été touché", indique-t-il.