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Ouverture d'un "drive corona" dans le 17e à Paris : "C’est une super initiative. Il faut continuer à exercer", applaudit un médecin

On les appelle les "drive corona", des points de dépistage ambulatoires montés souvent par des médecins et des laboratoires de ville. L’un d’eux a ouvert vendredi, dans le 17e arrondissement de Paris, réservé aux professionnels de santé.

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Radio France
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Un point de dépistage ambulatoire du coronavirus à Paris, le 26 mars 2020. Photo d'illustration. (MICHAEL BUNEL / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Un dépistage ambulatoire a été installé ici, dans la cour de la mairie du 17e arrondissement où quatre tentes blanches ont été montées. C'est le maire Les Républicains Geoffroy Boulard qui a voulu mettre en place ce centre de dépistage du coronavirus. "Je voulais être utile dans cette crise, dit-il. Nos services ici, ils sont inopérants et je voulais vraiment qu’on aide nos soignants. Le sujet il est là, dans les semaines, dans les jours qui viennent."

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Et tout a été monté en dix jours avec l'accord notamment de l'Agence régionale de santé (ARS) et avec l'aide des laboratoires de l'arrondissement et des médecins du réseau bronchiolite Île-de-France, présidé par le docteur Sydney Sebban. Pour lui, il est capital de dépister en priorité les professionnels de santé, médecins, infirmiers, personnel des Ehpad, pharmaciens, en première ligne pour lutter contre l'épidémie. "Il faut qu’ils sachent eux-mêmes s’ils sont aptes à aller voir des patients, qu’ils puissent en sachant s’ils sont ou non porteurs du virus ne pas contaminer les patients", souligne-t-il. 

Bien entendu, on voudrait bien pouvoir accueillir tous les professionnels. Ce n’est pas possible. Nous sommes aujourd’hui limités par le nombre de tests que nous pouvons en fait gérer chaque jour.

Dr Sydney Sebban, président du réseau bronchiolite Île-de-France

à franceinfo

Concrètement, pour pouvoir faire le test, il faut montrer son identité, sa fonction et avoir pris au préalable rendez-vous sur Doctolib. Pour la seule journée de lancement, vendredi 27 mars, avec une cinquantaine de dépistages, tous les créneaux étaient partis la veille en moins d'une heure et demie.

"Vous restez dans la voiture et vous serez prélevés dans la voiture"

Les consignes sont simples :"Vous restez dans la voiture et vous serez prélevés dans la voiture." Parmi les soignants venus se faire dépister, il y a beaucoup de médecins généralistes du quartier, comme Benjamin, masque sur le visage, dans sa voiture. "C’est une super initiative. Il faut continuer à exercer. A 99% maintenant c’est de la téléconsultation mais je suis disponible au cabinet si urgence", assure-t-il. Le test, une sorte de très gros coton tige enfoncé très loin dans le nez, est réalisé par le personnel de laboratoire en combinaison de protection, masque et lunettes sur le visage. "Ce n’est pas douloureux mais ça chatouille au fond du nez", explique-t-on.

Juste après arrive Sylviane, soignante à l’hôpital Necker. Venir la rassure vis-à-vis de ses proches et des malades. "Moi je suis en plein dans le truc donc même si on se protège énormément, au moins on saura, ne serait-ce qu’un petit temps, qu’on n’est pas contaminants et que peut-être justement les mesures barrières qu’on prend nous évitent d’être contaminés par des patients qui eux sont effectivement malades. C’est un plus. Après…"  Après, comme elle dit, elle finira peut-être par attraper le coronavirus. Mais au moins, pendant quelques jours encore, elle pourra continuer le combat.

Ouverture d'un "Corona drive" à Paris, 17e. Le reportage de Fanny Lechevestrier.
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