Nouvelles restrictions anti-Covid : le maire de Bordeaux critique une "brutalité" qu'il a "du mal à comprendre"

Pierre Hurmic dénonce l'absence de "concertation préalable" sur le sujet. Il juge qu'il est plus sécurisant de laisser les jeunes dans des cafés où les mesures sanitaires sont contrôlées plutôt que dans des appartements privés.

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Pierre Hurmic, maire EELV de Bordeaux, le 3 juillet 2020. (FABIEN COTTEREAU / MAXPPP)

Pierre Hurmic, maire EELV de Bordeaux, a déclaré lundi 28 septembre sur franceinfo avoir "du mal" à "comprendre" les nouvelles restrictions anti-Covid qui entrent en vigueur lundi dans 11 métropoles "en raison de leur sévérité" et "de leur brutalité". Fermeture des bars à 22 heures, rassemblements publics limités à 10 personnes, fermeture partielle des piscines et gymnases sont quelques-unes de ces nouvelles mesures que devront appliquer notamment Toulouse, Paris et sa petite couronne, Bordeaux, Nice, Lyon et Lille.

franceinfo : Comprenez-vous ces nouvelles restrictions ?

Pierre Hurmic : On a du mal à les comprendre en raison de leur sévérité. J'ai même envie de dire de leur brutalité. On les a appris soudainement sans aucune concertation préalable, ni avec les élus locaux ni avec les professionnels. Ce sont surtout les professionnels qui sont extrêmement inquiets et qui ont été surpris. Même si nous ne sommes pas au même régime que Marseille parce que la situation est beaucoup moins grave à Bordeaux qu'à Marseille, c'est quand même un coup dur pour ce secteur-là qui a du mal à comprendre.

Il n’y a pas eu de concertation ?

La préfète nous a consultés, mais elle avait une marge de manœuvre très, très réduite. C'était essentiellement sur l'horaire de fermeture des bars. C'était ou 22 heures ou moins de 22 heures. Naturellement, dans la concertation, nous avons dit que c'était un minimum et un maximum. Donc, c'était une concertation extrêmement limitée.

C'est une gestion très jacobine du dossier. Alors, on pourra me dire que la sécurité sanitaire dépend des prérogatives du pouvoir régalien de l'État. Certes, mais ça ne lui interdit pas de travailler avec les locaux. 

Pierre Hurmic, maire EELV de Bordeaux

à franceinfo

Surtout que beaucoup ont du mal à comprendre, j’avoue que j'en fais partie, le fait que jusqu'à 22 heures, c’est quand même contrôlé, c'est-à-dire qu’il y a un cadre. Que les restaurateurs cafetiers qui ne jouent pas le jeu soient sanctionnés, c’est normal. Il y en a eu ici en Gironde, qui ont été sanctionnés. Une bonne dizaine, Je pense qu'il vaut mieux que les jeunes soient dans des cafés où c'est encadré plutôt que de terminer la soirée dans des appartements, voire des studios. L'efficacité de la mesure aurait mérité d'être expliquée, discutée, mais cela n’a pas été du tout le cas.

La police municipale de votre ville sanctionnera les lieux qui ne jouent pas le jeu ?

La police municipale va continuer à faire le boulot comme elle le faisait. On est dans un État de droit et la police municipale continuera à faire appliquer des consignes, même si ces consignes-là, nous nous réservons le droit de les discuter. Il serait plus habile de notre part de demander, comme à Marseille, qu'au bout de huit jours, il y ait une appréciation de l'efficacité des mesures. Le ministre de la Santé a cédé lors de son passage à Marseille, sur ce point-là. Je pense que dans des villes comme Bordeaux aussi, au bout de huit jours, il pourrait y avoir un point qui sera fait sur cette efficacité. Ça me paraît être le minimum qu'on est en droit d'attendre de l'État.

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