"Mesdames et messieurs, merci de respecter les mesures de distanciation" : au bord du canal Saint-Martin, à Paris, la brigade fluviale multiplie les contrôles

Alors que les parcs et jardins de la capitale sont toujours fermés, les Parisiens se réfugient vers les quais de Seine et du canal Saint-Martin. Les patrouilles de police tentent d'y faire respecter les gestes barrières.

À Paris, la brigade fluviale multiplie ses patrouilles sur la Seine ou sur les canaux pour faire respecter les gestes barrières.
À Paris, la brigade fluviale multiplie ses patrouilles sur la Seine ou sur les canaux pour faire respecter les gestes barrières. (Valentin Dunate / Radio France)

Près de deux semaines après le début du déconfinement, les parcs et jardins de Paris sont toujours fermés. Les habitants de la capitale prennent donc l'air en bord de Seine ou du canal Saint-Martin, où la police est omniprésente. La brigade fluviale patrouille toute la journée sur le canal, à bord d'une vedette noire. La commissaire Caroline Ducatillion fait partie de l'équipage. Elle prend le micro : "Mesdames et messieurs, nous vous remercions de respecter les mesures de distanciation entre vous... Nous vous rappelons que la consommation d'alcool est interdite sur les canaux." 

Caroline Ducatillion tente de faire respecter ces consignes et d'empêcher les regroupements de plus de 10 personnes. "On met en place des patrouilles régulières, que ce soit ici sur le canal Saint-Martin, ou bien sur l'esplanade des Invalides, au bois de Boulogne, ou de Vincennes. On essaie également d’empêcher les regroupements trop important le long des échoppes de vente à emporter", explique la commissaire.

Des contrôles plus ou moins bien acceptés

Pour plus d'efficacité, la brigade fluviale est épaulée par de nombreuses équipes qui patrouillent à pied. Elles vont directement à la rencontre des Parisiens qui flânent. "Vous pouvez vous décaler sur la gauche ? Ça fera de la place aux autres", demande un officier à quelqu'un qui profite du soleil. "C'est gentil, je vous remercie", poursuit l'agent de policeDans la plupart des cas, comme ici, les groupes se séparent et acceptent cette présence policière. "Ça ne me dérange pas, explique cette jeune femme au bord du canal. Ils ne sont pas oppressants. Ils passent et ils veillent à ce qu'il y ait des distances entre chaque groupe, c'est normal en fait."

Mais tout le monde n'est pas de cet avis. Cette mère de famille était couchée sur les jambes de son mari, ses enfants juste à côté, avant d'être séparés par les policiers. "On habite ensemble et là, il faudrait qu'on respecte une distance d'un mètre entre nous ? On marche sur la tête ! Ça n'a aucun sens !", s'énerve la mère de famille qui décide de quitter les lieux. Ces contrôles de police permettent pourtant de prendre conscience que la menace du virus est toujours présente. L’heure n’est pas encore à la flânerie innocente.