Rentrée scolaire et coronavirus : "C'est un jour de fête, même si les moyens n'ont pas été présents partout sur le territoire", regrette la FCPE

Au sujet des masques, Rodrigo Arenas, co-président de la fédération de parents d'élèves déplore que l'on "reporte sur les collectivités territoriales, les départements, les régions ou sur les familles, ce qui relève en fait de la puissance publique et de l'État".

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Radio France
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Une cour d'école sur l'île de Groix (Morbihan). (LOIC VENANCE / AFP)

La rentrée scolaire, "c'est surtout un jour de fête pour les enfants, pour les parents, pour les enseignants", a lancé mardi 1er septembre sur franceinfo Rodrigo Arenas, co-président de la Fédération des conseils de parents d'élève (FCPE), alors que les enfants sont retournés en classe sous un protocole sanitaire strict. "On le sait, il y a des enfants qui n'ont pas été à l'école pendant très longtemps et il est important de renouer avec ce rite républicain qui consiste à rassembler la communauté éducative et travailler sur l'avenir qui nous est commun", souligne Rodrigo Arenas.

"C'est avant tout une fête, même si les moyens n'ont pas été au rendez-vous partout sur le territoire national, et notamment dans les DOM, pour que le protocole sanitaire puisse s'appliquer et pour que le gouvernement applique à la lettre ce que lui-même a produit", insiste le représentant de la FCPE.

Des écoles fermées à la Réunion

Si la rentrée "s'est globalement bien passée", Rodrigo Arenas note "quelques excès, parfois par certains chefs d'établissement". Mais il reconnaît que "c'est bien normal puisque tout le monde est inquiet. C'est une rentrée qui n'est pas commune. Donc il vaut mieux avoir des excès que pas suffisamment, puisqu'il s'agit de rassurer par rapport à une question de santé publique".

Rodrigo Arenas espère malgré tout que "la situation de l'île de la Réunion ne se produira pas dans la métropole ou ailleurs". À la Réunion, des écoles ont été fermées après la découverte de cas de Covid quelques jours après la rentrée scolaire. Le patron de la FCPE pense aussi à la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, "tous ces territoires qui sont la France et qu'on a tendance souvent à oublier"

Prendre exemple sur l'Italie

Rodrigo Arenas demande "des mesures de bon sens qui n'ont pas été appliquées faute de moyens". Il évoque la question des masques et déplore que l'on "reporte sur les collectivités territoriales, les départements, les régions ou sur les familles, ce qui relève en fait de la puissance publique et de l'État. On est en train de reporter la responsabilité de l'État sur d'autres et cela n'est pas de bon augure pour la suite si les choses viennent se corser".

Prenant l'exemple d'autres pays, le co-président de la FCPE demande par exemple "de faire comme l'Italie, qui a embauché 84 000 enseignants pour permettre la distanciation sociale".

Cette distanciation sociale, ce n'est pas juste la question du Covid. C'est aussi pour permettre des petits effectifs et préserver la voix des enseignants.

Rodrigo Arenas (FCPE)

à franceinfo

"C'est un outil essentiel dans l'activité pédagogique. Cette distanciation sociale elle a une raison épidémique de lutte contre le coronavirus. Mais elle a aussi une raison pédagogique. Et nous regrettons que la France n'ait pas fait ces embauches nécessaires", déplore le co-président de la FCPE.

Rodrigo Arenas s'inquiète également de la "continuité pédagogique" à assurer lorsque des parents devront garder leur enfant en cas de suspicion de Covid. "Il est évidemment hors de question que les parents fassent l'école à la maison. Les parents ne sont pas des enseignants, ils ne sont pas des répétiteurs, ils ne sont pas des surveillants. Quand on est malade, on va voir un médecin. L'école, c'est l'affaire des enseignants." Le patron de la FCPE espère que l'on ne va pas "retrouver cette situation qui a été chaotique" avant l'été "et qui nous amène aujourd'hui à plus de 500 000 enfants officiellement qui sont décrocheurs".

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