Martin Hirsch (AP-HP) : le couvre-feu peut “fondamentalement changer la donne” face à la propagation de l’épidémie

Le directeur général de l’AP-HP soutient la mesure annoncée par Emmanuel Macron, face à des hôpitaux sous tension. Il critique au passage les opposants au couvre-feu, “les mêmes qui pensaient qu’il n’y aurait pas de deuxième vague”.

Le président de la République a annoncé mercredi 14 octobre au soir l’instauration d’un couvre-feu qui doit permettre de ralentir l’épidémie de coronavirus, alors que plus de 30 000 cas ont été détectés le lendemain. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, affirme que cette mesure peut être efficace. “Ca peut fondamentalement changer la donne si l’on n'essaie pas de le contourner et si on saisit cette occasion pour passer au palier d’en-dessous dans la propagation de l’épidémie”.

Martin Hirsch fait valoir que “la situation est grave, et que l’on peut éviter le confinement complet”. Pour voir les effets concrets de cette mesure dans les hôpitaux, par le biais d’une baisse du nombre de malades, “il faudra du temps”, reconnaît-il. Au bout de quelques jours, les indicateurs prédictifs devraient se calmer (nombre de contaminations, d’ambulances appelées).

Déprogrammations dans les hôpitaux

Les hôpitaux sont en effet mis à rude épreuve et les premières déprogrammations  - c’est-à-dire l’annulation d’opérations afin de faire davantage de place aux “patients covid” ont lieu. “C’est pour cela que respecter l’esprit du couvre-feu est important. Les détracteurs du couvre-feu sont les mêmes qui disaient qu’il n’y aurait pas de deuxième vague”, s’agace Martin Hirsch.

Martin Hirsch en décembre 2017. 
Martin Hirsch en décembre 2017.  (THOMAS PADILLA / MAXPPP)