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Le billet sciences. Les médicaments potentiels contre le Covid-19 ne coûtent presque rien à fabriquer

Si l’un de ces médicaments se révèle dans les prochaines semaines efficace contre le coronavirus, la demande sera mondiale. 

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Une soignante masquée montre une plaquette de médicaments. Photo d\'illustration.
Une soignante masquée montre une plaquette de médicaments. Photo d'illustration. (MAXPPP)

Les médicaments testés actuellement dans les essais cliniques du monde entier contre le Covid-19 ont un très gros avantage. Ils coûtent pour la plupart moins d’un euro à produire pour un traitement par jour et par patient.

Les espoirs de médecins et patients se fondent de l’hydroxychloroquine et d’autres médicaments existants, testés en ce moment partout dans le monde contre le coronavirus. Les premiers résultats du grand essai clinique européen Discovery sont d’ailleurs attendus dans les prochaines semaines. Ces médicaments ont de sérieux avantages. Déjà, ils existent et sont disponibles immédiatement. Mais surtout, ils ne coûtent rien ou presque à produire.  

Ces traitements coûtent moins d’un euro à produire

Des chercheurs basés en Grande-Bretagne, Australie et aux Etats-Unis viennent de publier une étude. Ils ont calculé le coût de fabrication de ces médicaments. D’abord, ils ont noté le prix du principe actif. À cela ils ont ajouté le coût de transformation pour en faire un médicament, et ce qu’on dépensait pour les mettre en boîte. Ils ont même ajouté 10% de marge pour le fabricant. Et résultat, quasiment tous ces traitements coûtent moins d’un euro à produire pour un traitement par jour et par malade. Le moins cher, c’est l’hydroxychloroquine, moins de deux centimes à fabriquer, le plus cher c’est le favipiravir, à l’origine une molécule japonaise contre la grippe, dont la production coûte 1,30 euro.

 

Or, ce n’est pas le prix auquel ces médicaments sont vendus aujourd’hui. Le prix de vente est évidemment plus élevé. Il dépend des pays, des marchés. Le Kalétra nécessite 3,60 euros pour fabriquer le traitement d’un patient pour deux semaines. Il est vendu 25 fois plus cher en France, plus de 100 fois plus cher aux Etats-Unis. L’hydroxychloroquine, moins d’un euro à fabriquer pour 14 jours de traitement. Elle est vendus 4,60 euros en France, presque cinq fois plus cher. Les auteurs de cette étude préviennent. Si l’un de ces médicaments se révèle dans les prochaines semaines efficace contre le coronavirus, si l’un d’entre eux ressort des essais cliniques, la demande va être mondiale, énorme. Il faudra faire très attention aux spéculations sur les prix.

Des médicaments fabriqués sous la forme de generiques

Ces chercheurs notent aussi que pour la plupart de ces médicaments, il n’existe plus de brevet. Ils peuvent donc être fabriqués sous forme de génériques, moins chers, par d’autres laboratoires. Les scientifiques demandent même que le mode d’emploi, le mode de fabrication soit divulgué, partagé, pour que tous les pays puissent lancer leur propre production s’ils le souhaitent

Enfin, leur demande principale : les prix de ces médicaments doivent baisser, pour être le plus proche du coût de fabrication. Faire baisser les prix pour la bonne cause ne relève pas forcément de l’utopie. C’est déjà arrivé par le passé, et à grande échelle. Rappelez-vous, les médicaments contre le virus du sida il y a une dizaine d’années avaient fini par être vendus à très bas prix en Afrique et dans les pays pauvres.

Une soignante masquée montre une plaquette de médicaments. Photo d\'illustration.
Une soignante masquée montre une plaquette de médicaments. Photo d'illustration. (MAXPPP)