La chloroquine jugée inefficace contre le Covid-19 : le professeur Raoult dénonce "une étude foireuse"

Dans le cadre de la plus large étude réalisée à ce jour sur la chloroquine et son dérivé, l'hydroxychloroquine, des chercheurs britanniques ont examiné les dossiers de plus de 96 000 patients, avant de conclure que cette molécule ne permettait pas de soigner les malades du Covid-19. 

Le professeur Didier Raoult, le 15 avril 2020, dans son bureau de l\'IHU Méditerranée. 
Le professeur Didier Raoult, le 15 avril 2020, dans son bureau de l'IHU Méditerranée.  (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

Le professeur Didier Raoult persiste et signe. L'utilisation de l'hydroxychloroquine en guise de traitement contre le coronavirus a été remise en cause, vendredi 22 mai, par une étude d'ampleur publiée dans la revue de référence The Lancet. Lundi 25 mai, son principal défenseur, le directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée, s'est exprimé sur YouTube pour défendre son protocole. "Je ne sais pas si ailleurs l'hydroxychloroquine tue, mais ici elle sauve des vies", a-t-il déclaré, dénonçant "une étude foireuse faite avec le big data"

"Ici, il nous est passé 4 000 malades dans les mains, ne croyez pas que je vais changer d'avis parce que des gens font du big data, fantaisie complètement délirante qui prend des données dont on ne connaît pas la qualité et qui mélange tout", a répondu Didier Raoult. "On est serein sur ce qu'on a fait. Les querelles scientifiques, politiques, publicitaires, tout ça a un temps, le temps fait le tri, on n'est pas très inquiets", poursuit l'infectiologue, selon qui "la réalité est tordue [dans cette étude] d'une telle manière que ce qui est rapporté n'a plus rien à voir avec la réalité observable (...)."

Un taux de mortalité supérieur chez les patients traités à la chloroquine

Dans le cadre de la plus large étude réalisée à ce jour sur la chloroquine et son dérivé, l'hydroxychloroquine, des chercheurs britanniques ont examiné les dossiers de plus de 96 000 patients. Chez les malades du Covid-19 ayant reçu des soins standards, la mortalité est de 9,3%. Un chiffre qui grimpe à 16,4% pour les patients traités à la chloroquine et à 23,8% pour ceux ayant reçu un traitement à base d'hydroxychloroquine et d'antibiotiques. Selon cette étude, les deux molécules seraient aussi à l'origine de complications cardiaques.

A la suite de la publication dans The Lancet de ces conclusions, le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé samedi au Haut conseil de la santé publique (HCSP) de proposer "sous 48 heures une révision des régles dérogatoires de prescription" de divers traitements comme l'hydroxychloroquine. En dehors des essais cliniques, la France a déjà restreint l'usage de l'hydroxychloroquine (HCQ) à l'hôpital uniquement et seulement pour les cas graves, sur décision collégiale des médecins.