"J'espère qu'ils prendront soin de moi" : à Londres, des bénévoles prêts à se faire inoculer le Covid-19 pour aider à la recherche sur un vaccin

L'ONG américaine 1Day Sooner affirme avoir recruté près de 40 000 volontaires pour participer à une campagne d'essais vaccinaux. Mais aucun pays n'a pour le moment autorisé ce type de protocole, critiqué par de nombreux scientifiques.

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Danica Marcos, Londonienne de 22 ans, volontaire recrutée par l'ONG 1Day Sooner. (Richard Place / Franceinfo / Radio France)

Danica Marcos, Londonienne de 22 ans, a très mal vécu le confinement en début d'année. Enfermée chez ses parents, elle avait peur de leur transmettre le Covid-19. La jeune femme se sentait complètement impuissante. Alors, en juin, quand elle voit une annonce de l'ONG américaine 1Day Sooner sur Facebook pour recruter des volontaires afin de faire avancer la recherche sur un éventuel vaccin, elle n'hésite pas, elle s'inscrit, non sans crainte. "Je suis assez terrifiée et inquiète à cause de possibles effets secondaires."

Ce qui me rassure sur l'éthique du processus, c'est que nous serons informés au fur et à mesure.

Danica Marcos, Londonienne de 22 ans

à franceinfo

"Ils ne vont pas cacher quoi que ce soit parce qu'ils auraient beaucoup d'ennuis si ça tournait mal. J'espère qu'ils prendront soin de moi", confie Danica.

Sur son site internet, 1Day Sooner affirme avoir recruté près de 40 000 volontaires dans le monde, prêts à se faire inoculer le coronavirus afin d'aider à la découverte rapide d'une solution capable d'immuniser les populations. Mais le protocole est critiqué par la communauté scientifique pour des raisons éthiques et aucun pays ne l'a pour le moment autorisé. Au Royaume-Uni, les autorités médicales ne cachent cependant pas leur intérêt pour cette méthode.  Si ce test devait avoir lieu, Danica se verrait d'abord administrer un vaccin et deux semaines plus tard, le virus. Elle resterait ensuite en observation un, voire deux mois, et bénéficierait bien sûr d'un suivi régulier.

Des bénévoles "prêts à risquer leur vie"

Face aux critiques que sa campagne de tests ne manquera pas de soulever, le directeur de la communication de 1Day Sooner, Abie Rohrig, rappelle qu'il s'agit d'une association à but non lucratif et qu'elle n'est pas financée par l'industrie pharmaceutique. Il est lui-même volontaire et n'est pas surpris des dizaines de milliers de réponses qu'ils ont reçues : "Nous avons vu d'immenses actes de générosité pendant cette pandémie. Les professionnels de santé se présentent tous les jours au travail avec le risque de contamination. Il le font quand même parce qu'ils savent qu'ils peuvent sauver des vies. La même logique s'applique à nos bénévoles. Ils sont nombreux à être prêts à risquer leur vie pour le bien de l'humanité."

Si Danica Marcos a fait ce choix, ce n'est pas pour l'argent. Elle ne sait d'ailleurs pas du tout combien elle pourrait toucher. C'est parce qu'elle en avait marre d'entendre que les jeunes ne risquent rien avec cette maladie, ne font pas attention et mettent les autres en danger. "Je me dis, en quelque sorte, 'si je suis invincible, faisons quelque chose pour aider et montrer que nous ne sommes pas nécessairement le stéréotype de ces jeunes qui ne se soucient pas des autres'. On veut que cette pandémie s'arrête autant que n'importe qui d'autre." L'une de ses meilleures amies a perdu ses deux grands-parents. C'est aussi pour elle qu'elle s'est portée candidate.

Des volontaires contre le Covid-19 : écoutez le reportage de Richard Place
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