Infographies Covid-19 : Auvergne-Rhône-Alpes, la région où l'épidémie progresse le plus vite

Cette région enregistre actuellement les indicateurs les plus inquiétants de France avec ceux de la région parisienne.        

Article rédigé par
Elsa de la Roche-Saint-André - Gérald Roux - Thomas Pontillon
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.

Sur les neuf territoires français placés en couvre-feu depuis samedi 17 octobre pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, trois sont situés en Auvergne-Rhône-Alpes : les métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Etienne. Il faut dire que les chiffres clés de l'épidémie sont à la fois élevés et en forte augmentation, que ce soit au niveau de la région, des départements et des villes.

Alors que, sur une semaine glissante, au 17 octobre, Paris affiche un taux de d'incidence de 402 cas pour 100 000 habitants, la métropole de Saint-Etienne atteint 716 cas pour 100 000. Aucune autre agglomération en France ne présente un tel nombre de nouveaux cas de coronavirus par semaine. La métropole de Lyon dépasse elle-aussi la capitale, avec 582 cas pour 100 000 habitants, et Grenoble avec 460. La métropole de Clermont-Ferrand, avec 322 cas pour 100 000, se situe en dessous de Paris, mais a largement dépassé le seuil d'alerte des 250 cas pour 100 000.      

Le département de la Loire, dont Saint-Etienne est la préfecture, affiche également le taux d'incidence record en France avec 608 cas pour 100 000 habitants, devant le Rhône (549) et le département du Nord (483). Mais ce n'est pas tout, parmi les 12 départements qui composent Auvergne-Rhône-Alpes, au total, sept dépassent le seuil d'alerte de 250 cas pour 100 000 (Loire, Rhône, Ain, Savoie, Isère, Ardèche et Haute-Loire).

Une très nette accélération de l’épidémie

La région Auvergne-Rhône-Alpes dans son ensemble affiche un taux d'incidence plus élevé que celui de l'Ile-de-France (381 contre 326), devant les Hauts-de-France (324). Mais surtout, la progression de cet indicateur est plus rapide que celle de la région parisienne. Sur une semaine début octobre (entre les semaines 40 et 41), le taux d'incidence a grimpé de 77% en Auvergne-Rhône-Alpes, contre une augmentation de 50% en Ile-de-France, selon Santé publique France.

Sur le plan hospitalier, les passages aux urgences ont décollé de 50% en Auvergne-Rhône-Alpes entre la semaine 40 et 41 et les hospitalisations ont augmenté de 41% sur la même période. Enfin, le 19 octobre, le nombre de nouveaux patients hospitalisés en Auvergne-Rhône-Alpes a dépassé celui de l'Ile-de-France (331 contre 312). 

Comment la région en est-elle arrivée là ? 

"L’accélération des contaminations aujourd’hui est le résultat d’un ensemble de causes qui remontent à trois semaines-un mois", explique l'Agence régionale de santé d’Auvergne-Rhône-Alpes qui avance plusieurs hypothèses, même si elle souhaite rester prudente .

Tout d’abord la multiplication des clusters dans les Ehpad et les universités. Ces deux catégories de lieux représentent à elles seules 45% des foyers de contamination apparus dans la région depuis la fin du confinement, selon les données de Santé publique France. Avec la rentrée universitaire et l’organisation d’événements privés, les étudiants ont pu diffuser le virus. Reste à savoir pourquoi les contaminations sont si importantes dans les Ehpad de la région.   

L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes mentionne également comme potentielles explications "la forte densité de population dans certains départements", mais aussi "la tenue d’importants rassemblements, comme des mariages, au cours du mois de septembre". Et puis, insiste-t-elle, il ne faut pas négliger l’impact du relâchement des gestes barrières tout au long de l’été, "dont on a vu les premiers effets début septembre, et qui contribue à cette soudaine aggravation".

La rentrée ne s’est pas toujours accompagnée d’un renforcement de l’application des gestes barrière en région Auvergne-Rhône-Alpes, du moins dans certains territoires. L'ARS rapporte des remontées de terrain qui font état de "manques face à l’obligation de port du masque à Saint-Etienne", métropole dans laquelle l’accélération est la plus forte. Dans un communiqué portant sur la soirée du 24 septembre, la préfecture du département de la Loire – dont Saint-Etienne est la préfecture – indiquait ainsi que "les opérations de contrôle effectuées par les forces de sécurité intérieure (…) ont à nouveau démontré le respect très insuffisant de la réglementation et des mesures barrière dans un grand nombre de bars et débits de boisson, qui accueillent de surcroît un public important". Cet état des lieux date d’un peu moins d’un mois et confirme les hypothèses avancées par l'ARS d'Auverge-Rhône-Alpes.

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