"Facile à utiliser, ultra-efficace" : des robots tueurs de Covid-19 arpentent les couloirs des hôpitaux belges

La Commission européenne a commandé 200 de ces robots à rayons ultraviolets à une société danoise et a commencé leur distribution dans les États européens en les finançant avec son fonds d’urgence. Les premiers ont été livrés en février en Belgique.

Article rédigé par
Angélique Bouin - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Jean-Michel Rullaaert, infirmier en chef, et sa tablette qui commande le robot. (ANGELIQUE BOUIN / RADIO FRANCE)

Nous sommes dans le service des soins intensifs de la clinique de l’Europe St-Michel à Bruxelles, en Belgique. Le service fonctionne à plein régime avec six lits sur huit occupés par des malades du Covid-19. Jean-Michel Rullaaert est l’infirmier en chef, et l’arrivée fin février de ce robot qui circule de chambres en chambres et les désinfecte avec des rayons ultraviolets en un temps record, a été une bonne surprise.

"Franchement c’est une belle avancée ! C’est facile à utiliser, hyper efficace et cela permet de réinstaller les malades très vite quand une chambre se libère."

Jean-Michel Rullaaert

à franceinfo

La Commission européenne a commandé 200 de ces robots à une société danoise et a commencé leur distribution dans les États européens en les finançant avec son fonds d’urgence. L’objet est un gros cylindre aussi haut et large qu’un homme, autour duquel sont attachés des tubes phosphorescents, le tout placé sur roulettes. À l’aide de sa tablette numérique, Jean Michel lui donne ses ordres : "Je choisis, explique-t-il, une chambre à nettoyer, je clique dessus et il part tout seul. Par écrit il me demande qu’on s’assure que la porte est ouverte, il entre dans la chambre et commence son travail !"

Le robot en action dans une chambre. (ANGELIQUE BOUIN / RADIO FRANCE)

En envoyant ses ondes d’ultraviolets, le robot désinfecte tous les éléments qui composent la pièce : lits, machines, les monitorings, les crochets auxquels on accroche les perfusions, les fenêtres, les poignées de portes, tout y passe. Le tout en 10 à 15 minutes sans faire aucun bruit. Il peut faire plusieurs chambres et revient tout seul sur sa base pour se recharger.

Evelyn Vass est la directrice opérationnelle des cliniques de l’Europe. On la sent elle-même impressionnée par cette machine dont elle a décidé que c’est ici, dans ce service, qu’elle sera la plus utile. "Pour désinfecter les chambres Covid-19, on utilise généralement des gaz désinfectants, il faut ensuite aérer les lieux, ce qui prend en tout deux heures !" C’est donc un gain de temps énorme et un plus écologique car on n’utilise ici aucun produit désinfectant et ce n’est pas toxique pour le personnel, en plus d’être ultra-efficace. Pour s’en assurer, Jean-Michel a d’ailleurs collé dans les chambres des gommettes spéciales qui changent de couleur selon le degré de désinfection.

"On voit des pastilles que j’ai posées dans les chambres à différents endroits : j’en ai mis une par exemple juste au-dessus du monitoring pour voir l’effet d’absorption… On voit bien l’efficacité !"

Jean-Michel Rullaaert

à franceinfo

Le vérifier a aussi permis de rassurer le personnel du service. Ici le robot a été surnommé par Jean-Michel "R2D2" comme dans Star Wars.

Seuls deux hôpitaux français ont exprimé leur intérêt

Ces robots, qui seront déployés progressivement dans toute l’Union européenne, font partie des efforts de la Commission pour fournir aux États membres l’équipement nécessaire pour lutter contre la pandémie. Au total 12 millions d’euros ont été débloqués pour acheter les 200 machines. À ce jour, seuls deux hôpitaux français ont exprimé leur intérêt pour recevoir des robots de désinfection et la Commission européenne évalue actuellement leur demande. Les hôpitaux français peuvent encore exprimer leur intérêt et sont invités à le faire.

Des robots tueurs de Covid arpentent les couloirs des hôpitaux belges - le reportage d'Angélique Bouin
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