#EtAprès : faut-il relocaliser en France des usines de secteurs stratégiques ?

La France doit-elle fabriquer de nouveau certains produits sensibles en cas de crise sanitaire, comme les masques et les médicaments ? La question fait débat.

FRANCE 2

La crise sanitaire a montré la dépendance de la France à l'étranger dans plusieurs domaines, notamment les masques de protection. Ne pourrait-on pas donc envisager de relocaliser des activités aussi stratégiques ? C'est ce qui fait débat. Car la France s'est retrouvée sans arme dans ce genre de pandémie. "Nous dépendons beaucoup trop de certains pays étrangers pour les principes actifs qui sont dans les médicaments", avait ainsi constaté Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. Emmanuel Macron a appelé lui à "produire plus sur notre sol national pour réduire notre dépendance".

90 usines de médicaments en France, 3 000 en Chine

La Chine représente la moitié du déficit commercial de la France, qui se chiffre à 60 milliards d'euros, et produit 90% de la pénicilline dans le monde ainsi que 60% du paracétamol. La Chine compte 3 000 usines de principes actifs pour fabriquer des médicaments, contre seulement 90 en France. Relocaliser, "c'est le meilleur moyen de contrôler ce que l'on fait", explique Bruno Bonnemain, de l'Académie nationale de pharmacie. "Quand vous fabriquez en Chine ou en Inde, c'est parfois très compliqué de savoir ce qu'il se passe localement au jour le jour", plaide-t-il.

Le JT
Les autres sujets du JT
L\'ex-usine Spérian de Plaintel (Côtes-d\'Armor) produisait il y a quelques années plus de 8 millions de masques par an et sa capacité de production dépassait même les 200 millions de masques en 2010.
L'ex-usine Spérian de Plaintel (Côtes-d'Armor) produisait il y a quelques années plus de 8 millions de masques par an et sa capacité de production dépassait même les 200 millions de masques en 2010. (FRED DUFOUR / AFP)