Difficultés de recrutement de soignants à Marseille : "Une situation qui est chronique et plutôt ancienne", souligne un chef de service d'un hôpital

Selon Marc Leone, chef du service anesthésie-réanimation de l’Hôpital Nord de Marseille, il y a une "pénurie chronique" de soignants paramédicaux.

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Radio France
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Deux infirmières attendent dans le couloir d'un service de détresse respiratoire où sont traités les malades atteints du Covid-19 à l'Hôpital Marseille Nord le 2 février 2021. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Marc Leone, secrétaire général de la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR), chef du service anesthésie-réanimation de l’Hôpital Nord de Marseille, affirme mardi 21 septembre sur franceinfo que les difficultés pour recruter des soignants dans la cité phocéenne est le "révélateur" d'"une situation qui est chronique et plutôt ancienne". Les hôpitaux marseillais lancent une alerte via les réseaux sociaux pour appeler à du renfort dans les unités Covid-19 alors que le virus circule toujours de façon importante dans le département des Bouches-du-Rhône. Même si on tend "vers le mieux", souligne-t-il et que les admissions en réanimation commencent à baisser.

franceinfo : Y a-t-il des besoins dans votre service ?

Marc Leone : Les besoins sont à peu près dans tous les services actuellement. En fait, on avait un manque chronique à la AP-HM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille) lié à une succession de plans qui ont été faits pour essayer de faire des économies. La crise du covid-19 a révélé tout ça au grand jour. Donc, c'est juste un révélateur ce qui se passe. C'est une situation qui est chronique et plutôt ancienne. AP-HM est en difficulté depuis de nombreuses années. Et finalement, les économies ont été faites sur toutes les catégories professionnelles et au niveau des paramédicaux. C'est là où le besoin se fait aujourd'hui de plus sentir parce qu'on est en pénurie chronique.

Cette pénurie peut-elle être aussi la conséquence de l'obligation vaccinale ?

Je ne pense pas. A l'Hôpital Nord par exemple, si vous prenez toutes les catégories de personnels des directeurs, médecins, infirmiers, aides-soignants, cela fait 30 personnes qui n'ont pas pu venir travailler du fait de l'absence de vaccination. 30 personnes sur 3 500. Dans mon service, par exemple sur le secteur de réanimation, il n'y a aucune personne qui n'est pas vaccinée. Les soignants ont plutôt bien répondu à cette vaccination. Il y a quelques non-vaccinés, mais c'est absolument marginal. Ce serait se voiler la face que de penser que c'est la vaccination qui a produit cette situation.

Une pénurie de soignants alors que dans les Bouches-du-Rhône, le virus continue de circuler assez fortement. Voyez-vous le bout du tunnel ?

Cela va vers le mieux. Oui, on a été assez impactés. Aujourd'hui, on a surtout des patients qui sont rentrés il y a une quinzaine de jours. En tant que CHU, c'est bien normal. On a reçu les patients les plus graves de la région, et puis, dans notre service, des femmes enceintes qui ont fait des formes particulièrement graves et qui nécessitent des hospitalisations un peu prolongées. Mais il n'y a plus vraiment aujourd'hui de nouvelles admissions pour le Covid-19. Donc on peut penser que cela s'améliore. On sort de cette vague.

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