Dépistage du Covid-19 en laboratoire : les personnels "ont une fatigue énorme, je crois que les Français ne s'en rendent pas compte", alerte le représentant des biologistes

François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes, déplore le comportement de certaines personnes impatientes qui multiplient les tests PCR et se montrent parfois violents.

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Une file d'attente devant un laboratoire d'analyses médicales, le 29 août 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Les personnels des laboratoires "ont une fatigue énorme, je crois que les Français ne s'en rendent pas compte", déplore, vendredi 4 septembre sur franceinfo, François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes, alors que de nombreux laboratoires sont submergés de patients venus faire un test de dépistage du Covid-19.

"Ça fait quand même depuis le mois de mars qu'on est sur le pont, et je trouve que l'agressivité qu'ont les Français, souvent ce n'est pas opportun et pas justifié, explique François Blanchecotte. Les gens ne comprennent pas que c'est un test gratuit, pris en charge par l'État, par la Sécurité sociale. Il y a de nombreux patients qui reviennent plusieurs fois, qui viennent se faire tester dans plusieurs laboratoires pour être sûr d'avoir les résultats dans les délais."

On a eu beaucoup de violences pour ce qui concerne les vols [aériens], les départs.

François Blanchecotte

à franceinfo

Le président du syndicat des biologistes indique que le nombre de personnes venant se faire dépister a doublé ces dernières semaines. La plupart des laboratoires ont ainsi étendu leur plage de travail, et "fait le maximum", assure François Blanchecotte. Il tient à rappeler que ces tests s'adressent à un public bien défini : "On a une note prioritaire qui dit très clairement que nous devons prendre des patients symptomatiques, des patients contacts, et on doit répondre aussi aux demandes des ARS et des préfectures pour tester des personnels fragiles, c'est ça nos priorités aujourd'hui." 

Ouvrir des centres pour les "masses de gens"

Selon François Blanchecotte la France manque de "machines et de réactifs" pour réaliser le nombre de tests de dépistage souhaité. "Dans ce marché mondial, la France est un pays comme un autre. Il y a des quotas livrés par pays et donc nous sommes dans la file d'attente, comme tout le monde, pour avoir ces machines", déplore le président du syndicat des biologistes.

Pour alléger la charge des laboratoires, François Blanchecotte estime que les médecins généralistes ont un rôle de filtre à jouer. "Que les patients qui ont un doute puissent avoir une consultation, de façon à ce que le médecin nous priorise en disant 'celui-là il a des symptômes, il faut qu'il vienne et on doit le faire dans les 24 heures." Il plaide pour "une priorisation" dans les laboratoires et à "ouvrir comme on l'a fait des centres extérieurs pour traiter les masses de gens". Il appelle à "cibler des publics, à cibler des quantités, pour qu'on puisse avoir les délais nécessaires pour le faire".

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