"Les gens manquent de compréhension" : la tension monte dans les laboratoires de dépistage du coronavirus

Face aux files d'attentes et aux délais qui s'allongent pour effectuer un dépistage du Covid-19, le ton monte entre certains patients et le personnel médical des laboratoires. Reportage dans le 14e arrondissement de Paris.

Article rédigé par
Nina Valette - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des gens font la queue pour effectuer un test PCR pour le coronavirus dans un laboratoire médical à Paris, le 4 septembre 2020 (photo d'illustration). (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Les longues files d'attentes s’allongent devant les laboratoires partout dans le pays. Le gouvernement demande aux Français d'effectuer un test Covid-19 au moindre doute. Alors forcément, sur les sites de prélèvement la tension monte parfois entre le personnel et les patients. À tel point que dans la Sarthe, au Mans, les infirmiers de Laborizon Maine-Anjou menacent de faire grève. À Paris aussi les délais s'allongent considérablement entre le test et le résultat.

Valérie est biologiste en charge de prélever les tests PCR pour le Covid-19 dans un laboratoire du 14e arrondissement de Paris. Elle à une minute montre en main pour discuter. Sinon elle sait que dans la journée, elle va payer d'une façon ou d'une autre le retard pris. "Il y a la queue dehors pour les voyages, explique-t-elle. On n'arrive pas tellement à tenir les délais de 72 heures. Donc, on oriente les gens sur d'autres sites. Et on gère essentiellement en urgence les personnes symptomatiques pour éviter les risques de transmission."

Une agressivité quotidienne

Le patient suivant arrive, plus le temps de bavarder. Et ce n'est pas exagéré, à peine de retour dans la hall d’entrée, le ton monte entre une patiente et les chargées d’accueil : "C’est vrai qu’on s’ennuie nous dans le médical en ce moment ! On n’a que ça à faire de joindre notre hiérarchie ! On est complètement submergés par des gens comme vous !"

Les noms d'oiseau fusent. Le quotidien depuis deux mois d'après Marie et Léa, deux infirmières en charge des prélèvements. "Les gens manquent de compréhension, déplore Marie, parce qu'ils attendent dehors et pensent à leur situation qui est pénible. Certains sont malades et il y a des femmes enceintes. Donc forcément, ils attendent trois quarts d’heure ou une heure dehors."

Une fois que les gens sont avec nous, ils se lâchent totalement, c’est : 'Je ne comprends pas cette situation, c'est inadmissible ! Qu'est ce que vous faites ? Ça n'avance pas, je n'ai jamais vu ça !'

Marie, infirmière en laboratoire

Sa collègue confirme cette ambiance et s’inquiète pour les secrétaires à l’accueil, "parce que les pauvres, elles sont les premières touchées par cette agressivité". Léa qui a pris ses vacances début juillet est déjà épuisée. Elle a même envisagé de faire un pause : "J'ai failli me mettre en arrêt maladie pour burn-out au bout d'un moment, les gens ne se rendent pas forcément compte qu'on enchaîne depuis 7 heures du matin."

On a beau garder notre calme, à un moment, si on nous parle mal, ça peut tout de suite partir.

Léa, infirmière en laboratoire

Pour ces infirmières, la solution est toute trouvée : il faut mieux informer les Français sur ces fameux tests. Trop de patients viennent parce qu'ils ont toussé une fois au réveil et qu'ils sont inquiets. Une affluence qui ralentit la cadence et crée cette fameuse tension.

La tension monte dans les laboratoires de dépistage du coronavirus - Le reportage Nina Valette - 0
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