Vidéo Il faut "regarder au cas par cas si les entreprises peuvent être exonérées" des dettes fiscales, estime Eric Woerth

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Avec France Inter - franceinfo
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Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale a estimé sur France Inter que la politique du "'quoiqu'il en coûte' a ses limites". 

"Il va falloir regarder au cas par cas si les entreprises peuvent être exonérées" de leurs dettes fiscales et sociales, a déclaré jeudi 13 mai sur France Inter Eric Woerth, député LR de l’Oise, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale. "On a des entreprises qui sont beaucoup plus endettées que la plupart des autres pays et que la moyenne de l'Union européenne", alerte-t-il.

Eric Woerth plaide pour échelonner les dettes 

L'endettement est un sujet important pour la reprise de l'économie car une entreprise très endettée doit "rembourser les dettes et aussi elle n'a pas la capacité d'investir". Eric Woerth estime que pour le remboursement des prêts garantis par l'Etat (PGE), il faut réfléchir à "la transformation de ces dettes, il faut évidemment faire en sorte que tout cela soit échelonné plus fortement peut-être que ça ne l'est aujourd'hui". Il s'inquiète de la faible provision réalisée par l'Etat, de l'ordre de six milliards d'euros sur les 130 milliards de PGE distribués, "ce n'est pas beaucoup".

Eric Woerth propose que la situation de chaque entreprise soit examinée, par exemple par la Banque publique d'investissement ou la Banque de France. "Pour les entreprises qui sont viables", il faut réfléchir à "un échelonnement supplémentaire des dettes" envers l'Etat ou voir si elles "peuvent éventuellement bénéficier d'un abandon de dettes dues à l'État sur le fiscal et sur le social".

"Le 'quoiqu'il en coûte' a ses limites"

Ce mercredi, une rallonge de sept milliards d'euros pour le Fonds de solidarité et l'activité partielle a été votée par la commission des finances de l'Assemblée. "Ce fameux 'quoi qu'il en coûte', à un moment donné ça atteint ses limites. C'est jusqu'à ce qu'on puisse ne plus payer", commente Eric Woerth. Il souligne que cela est possible grâce aux "taux d'intérêt très, très bas". "Mais à un moment donné, les taux augmenteront et le pays sera très en risque parce qu'il aura une masse de dettes très, très importante", alerte-t-il.

Eric Woerth demande à ce qu'on fasse bien "la différence entre l'urgence et la relance" de l'économie. Dans l'urgence, il s'agit de sauver des entreprises "donc si vous arrêtez l'urgence trop vite, c'est comme si quelqu'un qu'on a soigné est en convalescence et qu'on le remet dans la vie active, si c'est pour mourir, cet effort a été perdu". Au contraire, "la relance c'est le pari sur l'avenir". Pour que la crise soit une opportunité, il faut "être capable de déclencher une croissance supplémentaire, de changer plus vite qu'on aurait changé s'il n'y avait pas eu la crise". Eric Woerth appelle à "cibler la relance dans l'équipement des entreprises, la productivité, la robotisation, l'hydrogène, les secteurs de progrès".

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