Jean Castex défend devant les sénateurs une conception de la République « à la fois intransigeante » et « émancipatrice »

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« La République est notre bien collectif le plus précieux » a souligné le Premier ministre au Sénat. S’appuyant sur le texte sur les séparatismes, il dénonce ceux qui veulent « porter atteinte à ses valeurs fondatrices » et « troubler le droit à manifester ». Interrogé sur la mise en place d’un déconfinement le 15 décembre, le secrétaire d’Etat chargé de l’enfance a quant à lui prévenu que le palier des 5000 contaminations à atteindre était « encore loin » et a précisé que le Premier ministre prendrait de nouvelles mesures ce jeudi.

Alors que le gouvernement a présenté ce mercredi le projet de loi contre les séparatismes, en Conseil des ministres, le sénateur LR Roger Karoutchi a interrogé le Premier ministre Jean Castex, lors des questions d’actualité au Sénat, sur un vaste sujet : la République. « Une seule question. Quelle est la conception du gouvernement de l’unité de la nation dans notre République indivisible ? » a simplement demandé l’ancien ministre. Sans aucun doute l’une des questions les plus courtes que l’on ait entendue aux QAG.

« Notre conception de l’unité de la République est faite à la fois d’intransigeance et de grande fermeté »

« Une question courte qui, si j’osais, pourrait valoir une réponse de 45 minutes voire 2 heures, tellement elle est fondatrice, importante, majeure » a commencé le premier ministre, qui a « fait le lien » avec « le projet de loi, que le Conseil des ministres vient d’adopter, qui vise à conforter l’unité de la République ».

Si « la République est notre bien collectif le plus précieux », « hélas, on voit certains […] qui cherchent à porter atteinte à ses valeurs fondatrices. Ils le font en recourant à la violence, parfois au crime. Ils le font aussi sur le plan idéologique, en s’en prenant à nos valeurs. En prenant des enfants, en les distrayant de l’obligation scolaire, pour leur inculquer des principes totalement contraires à nos fondements républicains », ou en utilisant le « paravent » associatif, en menant « des actions visant à détacher de la République les plus jeunes de nos enfants ». Jean Castex continue : « S’en prennent aussi à la République et à son unité, ceux qui viennent dans des manifestations troubler le droit à manifester, qui est un droit républicain, en s’adonnant à des violences parfaitement inadmissibles que l’unité de la République ne saurait tolérer. »

« Notre conception de l’unité de la République est faite à la fois d’intransigeance et de grande fermeté. Et les dispositions législatives que nous avons proposées, celles qui sont en cours et qui seront prochainement discutées à la Haute assemblée, viendront porter témoignage de cet engagement résolu pour conforter nos valeurs républicaines » lance le Premier ministre.

« L’indispensable fermeté, y compris la nécessaire répression, mais aussi l’éducation »

Mais avant de conclure, Jean Castex complète sa vision de la République : « Je me permets de vous dire aussi que notre conception de l’unité de la République est une conception émancipatrice, de progrès, celle qui s’appuie sur l’indispensable fermeté, y compris la nécessaire répression, mais aussi sur l’éducation, mais aussi sur l’habitat, mais aussi sur l’ensemble des politiques publiques ».

« Je ne doute pas du tout de vos attentions » lui rétorque Roger Karoutchi. Mais « être sur une liste, ça veut dire réduire les mérites de ceux qui sont sur la liste » souligne le sénateur LR, en référence au souhait d’Emmanuel Macron d’avoir une liste de « 300 ou 500 noms » de personnes issues de la diversité pour donner des noms de rues.

« Ils n’ont pas à être reconnus car ils sont dans une diversité, mais pour leur valeur personnelle. Le creuset de la Nation, le creuset de la République, vient de l’intégration. […] C’est créer une Nation qui a un avenir commun, qui se sent unie, dans les difficultés. […] Ce n’est pas de dire que vous aurez, parce que vous appartenez à telle catégorie. Ici, beaucoup de sénateurs sont d’origines diverses, de religions diverses. Ils sont tous des Français qui servent la République. Monsieur le Premier ministre, faite en sorte que la République défende la nation une et indivisible ».

Covid-19 : « Nous sommes loin des 5000 cas par jour, ce n’est pas une bonne nouvelle » prévient Adrien Taquet

Pas de déconfinement le 15 décembre ? C’est, depuis quelques jours, la petite musique qui se fait entendre dans les médias. Alors qu’Emmanuel Macron, lors de son allocution du 24 novembre, avait ouvert la voie à un déconfinement le 15 décembre si le nombre de contaminations quotidiennes passait sous la barre des 5000, l’hypothèse paraît de moins en moins probable. « La France va-t-elle sortir, le 15 décembre, du second confinement ? », interroge, ce mercredi, le sénateur communiste Jérémy Bacchi, à l’occasion de la séance hebdomadaire des questions au gouvernement. « Tous ici souhaitons nous projeter vers l’avenir, et 2020 sera jusqu’au bout une année faite d’incertitude et de difficultés », répond le secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance Adrien Taquet.

Mettant en avant le caractère « changeant » du virus, et l’avancée, malgré tout, des connaissances scientifiques le concernant, le secrétaire d’Etat affirme : « Pour envisager la suite, nous devons être au plus près de l’Etat de nos connaissances ». Faisant le point sur la situation sanitaire sur le territoire, Adrien Taquet évoque « 10 000 nouveaux cas par jour ». « L’évolution est positive, mais nous sommes loin des 5000 cas par jour dont l’atteinte permettrait d’envisager un avenir plus serein », prévient-il. « La tendance la plus récente est à un ralentissement de la baisse du nombre de nouveaux cas et ce n’est pas une bonne nouvelle », continue le secrétaire d’Etat. « Nous suivons cela de très près, nous adaptons en conséquence les mesures et le premier ministre aura l’occasion, demain, en fonction des dernières évolutions, à formuler de nouvelles mesures. »

La stratégie vaccinale en question

Car la question de l’évolution du virus pose aussi celle de la stratégie vaccinale, comme le rappelle le sénateur Les Républicains Bernard Bonne. « Faire de la stratégie, c’est aussi anticiper, et je crains que sur ce sujet nous ne soyons pas vraiment au point, alors que nos voisins sont bien plus avancés que nous ne le sommes », s’inquiète le sénateur. « Qu’en est-il de la stratégie vaccinale sur notre territoire ? » ; interroge-t-il. Prenant à nouveau la parole, Adrien Taquet reformule la volonté du gouvernement de faire preuve d’une « totale transparence » sur le sujet de la stratégie vaccinale, notamment pour faire face à la défiance grandissante des Français envers le vaccin. « Moderna et Pfizer devraient être les premiers à obtenir une autorisation européenne », estime le secrétaire d’Etat, rappelant que la Haute autorité de santé avait d’ores et déjà identifié un public prioritaire. « L’acte vaccinal sera fait après consultation médicale, en présence d’un médecin pour la phase un, et la question de l’élargissement à d’autres personnels de santé pourra se poser », précise-t-il. Mais Adrien Taquer prévient : « Ce virus va continuer à circuler activement au cours des prochaines semaines et de ces mois froids où nous passons davantage de temps à l’intérieur. »

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