Covid-19 : "On n’est pas encore entrés dans une décroissance" des contaminations, affirme l'observatoire épidémiologique des eaux usées

Selon Vincent Maréchal, professeur de virologie à la Sorbonne, si depuis quelques semaines le niveau de circulation dans les eaux usées est en train de baisser, la situation est contrastée selon les territoires.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Le réseau Obépine analyse la concentration de virus dans les eaux usées. Ici, une équipe chargée des prélèvements dans une station d'épuration de Wavrechain-sous-Denain, dans le Nord. (RAFAELA BIRY VICENTE FRANCE BLEU NORD / FRANCE-BLEU NORD)

Vincent Maréchal, professeur de virologie à la Sorbonne et co-fondateur du réseau "Obépine", observatoire épidémiologique des eaux usées, a affirmé mardi 4 mai sur franceinfo que l'heure n'était pas encore à une phase de décroissance des contaminations de Covid-19 en France. Un constat qui tranche avec les chiffres du ministre de la Santé qui a affirmé lundi que l'épidémie de Covid-19 diminuait "entre 20% et 25% chaque semaine".

franceinfo : Que voyez-vous dans les eaux usées exactement ?

On surveille aujourd'hui 168 stations d'épuration, cela correspond à peu près à plus de 20 millions de Français. On constate début avril un infléchissement dans l'augmentation de la courbe. On n'est pas encore entré vraiment dans une décroissance en moyenne. À moins de regarder quelques territoires privilégiés qui, effectivement, ont l'air d'engager une vraie baisse. En moyenne sur les stations qu’on suit, on est quand même plutôt aujourd'hui sur des plateaux, c'est-à-dire qu’on n’a plus la croissance qu'on a observée pour certains territoires depuis fin janvier. À certains endroits, on voit des petites remontées ponctuelles. Donc, on est sur un phénomène de descente ou de plateau très, très lent. Et effectivement, il va falloir attendre les semaines qui viennent pour savoir si on est vraiment engagé dans un dispositif qui est actif et qui nous permettra au 19 mai d'atteindre les objectifs fixés.

Quelles sont les régions où cela baisse ?

Sur l'Ile-de-France, on a eu un semblant de descente sur les six stations que l'on suivait début avril. La décroissance n'est plus observée que sur trois des six stations. En région Paca, on a des villes qui restent avec des niveaux de circulation très, très élevés. Je pense notamment à Marseille, qui diminue vraiment par à-coup. Et puis, Nice qui nous préoccupait beaucoup où on observait une résistance à la baisse, on voit depuis quelques semaines que le niveau de circulation dans les eaux usées est en train de baisser. Encore une fois, quelque chose de très différencié, selon les territoires.

Le gouvernement compte aussi sur une vaccination optimale de la population ?

Les modèles nous montrent qu'on a encore beaucoup d'incertitudes pour arriver à savoir quelle est la couverture vaccinale optimale. Il faut tenir compte du virus qui circule. On sait aujourd'hui que le variant britannique qui circulent très vite est très contagieux. Il faut tenir compte également de l'efficacité des vaccins à bloquer la circulation des virus. Et aujourd'hui, on a encore beaucoup d'incertitudes. On pense que certains le font correctement et d'autres un peu moins bien. Cela vous permet de faire des simulations. L'Institut Pasteur en a publié une il y a quelques semaines, disant qu'il faudrait, dans le cas idéal où on ne vaccinerait pas les enfants atteindre 90% de couverture vaccinale chez les adultes pour pouvoir s'affranchir des gestes barrières. Si on tient compte des gens qui ne voudront pas se faire vacciner, des gens qui ne pourront pas, notamment pour des raisons médicales, il faut peut-être commencer déjà réfléchir à l'extension du schéma vaccinal aux moins de 18 ans avec certaines tranches d'âge probablement à cibler.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.