Covid-19 : embouteillage dans les auto-écoles pour passer le permis de conduire depuis le début de la crise sanitaire

Selon une organisation professionnelle, 325 000 Français attendent de passer le permis. Pour s'inscrire dans une auto-école, c'est aussi une véritable quête. Reportage à Paris.

Article rédigé par
Margaux Queffelec - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Illustration auto-école. (FRANCOIS DESTOC / MAXPPP)

Entre les fermetures pour cause de confinement, les reports d'examens et le protocole sanitaire contre le Covid-19 à respecter, les auto-écoles sont débordées et il est très compliqué de passer son permis depuis le début de la crise. En ce début du mois de juillet 2021, 325 000 Français attendent de passer le permis selon Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec). Obtenir une date pour passer son permis ou même parvenir à s'inscrire dans une auto-école est donc devenu une véritable quête.

Une attente de plusieurs mois

"C'est la première fois qu'on est amenés à arrêter les inscriptions, confie Ouidad, secrétaire dans une auto-école parisienne qui ne prend plus de nouveaux élèves depuis un mois. En août, les plannings sont complets pour tous les moniteurs. À cause du Covid, les gens ont peur de prendre les transports en commun et donc ils veulent passer le permis pour pouvoir se balader tranquillement avec leur voiture dans Paris." 

Le chômage partiel et les cours en distanciel ont permis aux jeunes de se dégager du temps pour passer leur permis de conduire. Une autre des raisons de la hausse de la demande selon Marwanne, gérant d'une école de conduite parisienne située non loin de celle où travaille Ouidad. Conséquence : il faut trouver des dates de permis aux nouveaux candidats, et ne pas oublier les recalés à l'examen qui attendent depuis des mois. 

"Nous avons une vingtaine de personnes qui attendent, détaille Marwanne, une quinzaine de personnes qui veulent passer leur permis pour la première fois et nous n'avons que dix places disponibles pour les présenter." Dans son auto-école, on accepte les nouveaux élèves mais ils sont prévenus : il leur faudra trois mois au lieu d'un minimum pour passer leur permis. 

La galère des recalés à l'examen

Pour éviter l'embouteillage, la préfecture propose des dates supplémentaires régulièrement, mais elles ne suffisent pas pour faire repasser les recalés à l'examen. En région parisienne, il faut ainsi compter 6 à 12 mois pour pouvoir obtenir une deuxième place à cet examen. Thomas, 26 ans, attend une nouvelle date de permis depuis près d'un an, et la facture s'alourdit de jour en jour pour l'étudiant. "Comme je travaille, je n'ai pas le temps pour le repasser cet été, raconte-t-il, Donc je vais devoir attendre encore septembre. Et comme cela fera deux mois que je n'aurai pas conduit, je vais devoir reprendre de nouvelles heures et ça va encore me coûter très cher !"

"Pour mon métier, je suis obligé d'avoir le permis, j'ai 26 ans, tout le monde me charrie là-dessus et je ne peux toujours pas le passer."

Thomas, étudiant qui cherche à repasser le permis

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Autre facteur qui explique l'affluence dans les auto-écoles : le compte professionnel de formation, qui permet par exemple à des alternants de financer leur permis de conduire. Camille comptait bien en profiter mais impossible de trouver une place dans une auto-école parisienne avant novembre. Elle va donc suivre des cours de conduite en Bretagne, d'où elle est originaire. "Je vais payer mes allers-retours en Bretagne en train pour pouvoir faire mes heures là-bas, explique-t-elle, Heureusement le permis est à zéro euro grâce au CPF, mais c'est vrai que c'est un budget à prendre en compte ..." Et les gérants des auto-écoles estiment qu'il faudra attendre l'année prochaine pour que la situation se débloque.

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