Covid-19 : des médecins déplorent des contrôles insuffisants aux aéroports

Eric Caumes et Philippe Juvin ont regretté tour à tour l'absence de contrôle renforcé dans les aéroports pour les passagers venant de l'étranger.

Une opération de désinfection dans un terminal de l\'aéroport Charles-de-Gaulle, le 14 mai 2020 à Roissy.
Une opération de désinfection dans un terminal de l'aéroport Charles-de-Gaulle, le 14 mai 2020 à Roissy. (IAN LANGSDON / EPA POOL / AFP)

Les professeurs d'hôpitaux parisiens Eric Caumes et Philippe Juvin ont déploré l'insuffisance des contrôles contre le Covid-19 dans les aéroports français pour les personnes rentrant de l'étranger, vendredi 17 juillet, alors que l'épidémie donne des signaux de reprise.

"Il y a des clusters qui se développent à partir de personnes qui reviennent de voyage et qui n'ont pas été mises en quarantaine", pourtant la "seule mesure efficace" contre la propagation du virus, a notamment affirmé sur BFMTV Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière.

"Certains pays dans lesquels on part en vacances sont plus exigeants que nous nous le sommes vis-à-vis des gens qui viennent chez nous", a-t-il regretté, soulignant que la quarantaine était appliquée notamment dans certains pays asiatiques.

Le gouvernement a annoncé que des tests à l'aéroport seraient "systématisés" dans les prochains jours pour les voyageurs en provenance de pays dits rouges, où le virus circule le plus. Jusqu'à 2 000 tests par jour peuvent être faits à Roissy, selon le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Les personnes arrivant en France doivent être "tracées"

Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou, s'est également dit "surpris" dans un entretien à CNews. "Tous les jours, des avions atterrissent sur le territoire national, certains venant de pays où l'épidémie est très active, et on demande aux gens, tenez-vous bien, de remplir une attestation sur l'honneur dans laquelle ils disent qu'ils n'ont pas de symptômes !"

Pour le médecin, "il est absolument indispensable, non pas de fermer les frontières, mais que toute personne qui arrive sur le territoire national soit tracée. Et puis il faut tester, il faut aller chercher les gens là où ils sont, sur les lieux de travail, en vacances", a-t-il encore ajouté, regrettant qu'il n'y ait "pas suffisamment de tests" en France. Eric Caumes estime pour sa part que la "capacité est là", mais il évoque un "problème de personnel" pour faire les prélèvements.